Quel avenir pour la gauche au Maroc ?

Quel avenir pour la gauche au Maroc ?

Egalité, justice sociale, séparation des pouvoirs politique et économique… Alors que les slogans de la gauche courent toutes les rues des villes marocaines, ce courant idéologique prend du recul sur le terrain politique. En témoigne le baromètre électoral qui a vu régressé la place des partis de la gauche, lors des récentes Législatives, notamment chez les partis socialistes qui y ont participé  PPS, USFP, PT, etc. Pour leur part, les autres composantes qui ont choisi le boycott (PSU, PADS, La voie démocratique) sont tout simplement, selon les observateurs de la scène politique,  déphasées par rapport aux bases populaires et en rupture avec leurs besoins.    La dynamique du «printemps arabe» n’a profité qu’aux courants conservateurs. Les islamistes ont fait un raz-de-marée et pas qu’au Maroc.
Quel est l’avenir des socialistes aujourd’hui au Maroc?
«A voir la situation de la gauche au Maroc  dans le contexte actuel, beaucoup en prédisent sa décomposition biologique», estime Ahmed Bouz, universitaire. Mais selon lui, malgré cela le terreau populaire est plus que jamais propice à l’éclosion des valeurs de la gauche. Dans ce sens, le défi est énorme devant les composantes de la  gauche. Il s’agit de reconquérir  leur base, occuper le terrain politique et remédier à la rupture entre l’élite  de la gauche et le peuple. «Une tâche très très difficile, mais non insurmontable», estime M. Bouz. La tâche est difficile à cause de l’éclatement vécu au sein de la grande famille de gauche. Le PPS a choisi de s’allier à un parti islamiste, mettant en scène un gouvernement composé d’antipodes. Mais des composantes de ce parti sont toujours attachées au rêve d’unification de la gauche. Mohamed Saïd Saadi, membre du PPS et initiateur du mouvement de contestation interne contre ce qu’il qualifie de «la mue droitière de la direction du PPS» estime : 
«Il faut penser à une refondation de la gauche qui ne doit plus se limiter aux partis politiques». Pour lui, la nouvelle gauche doit prendre en compte le mouvement écologiste, le mouvement amazigh, les syndicats, le mouvement de réseaux sociaux et toute les forces qui mettent réellement en œuvre un projet de société de gauche. Un projet de société qui, selon lui, reste à redéfinir. Même son de cloche pour Nabila Mounib, nouvelle secrétaire générale du Parti socialiste unifiée : «Le projet de gauche a toujours lieu d’exister. Dans un déclin de plus en plus marqué du model capitaliste, la gauche a toujours pour mission d’innover pour  renforcer la démocratie, la défense des libertés, l’égalité des sexes, la liberté de création, la justice sociale au cœur de la politique publique». Chez l’USFP qui a choisi de passer à l’opposition après son expérience au sein du gouvernement,  Hamid Jmahri, membre du bureau politique, estime que «la gauche a beaucoup à gagner en travaillant ensemble en se mettant d’accord sur une même  analyse de la situation». Selon lui, il faut que le courant moderniste renoue avec le débat intellectuel. Et de conclure : «Un grand débat doit être organisé entre les différentes composantes de la gauche pour redéfinir de nouvelles assises organisationnelles, idéologiques et structurelles de la gauche».

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