Réactions de la classe politique nationale

Mahjoubi Aherdane, pdt du MP : Une initiative qui respecte nos traditions
Avec cette initiative, le Maroc a donné quelque chose de positif. De toute façon, il faut en finir avec cette affaire. L’on s’attend donc à la réaction de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur le projet d’autonomie proposé par le Maroc pour résoudre la question du Sahara qui ne peut être que marocain. Vous savez, SM le Roi Mohammed VI nous a consultés pour donner notre avis sur cette initiative relative à la gestion de nos provinces du Sud. Et nous sommes entièrement d’accord avec les dispositions de ce projet qui respectent les traditions séculaires marocaines. Dans ce sens, il faut rappeler que l’existence de tribus est une chose qui est ancrée dans nos coutumes.

Milouda Hazib, S.G- adjoint du PND : Une solution idéale
On estime que le projet d’autonomie proposé par le Maroc pour résoudre la question du Sahara est une initiative qui entre dans le cadre des résolutions de l’ONU et qui devrait satisfaire toutes les parties impliquées dans ce conflit qui dure depuis plus de trente ans.
D’une part, je pense que ce projet est une solution idéale qui garantira à la population sahraouie de s’exprimer et de conduire la gestion de leurs affaires internes dans le cadre d’un gouvernement élu démocratiquement par l’ensemble des habitants du Sahara. D’autre part, ce projet concernant nos provinces du Sud permettra à la mère patrie de garder ses compétences et sa souveraineté.

Mohamed Fadili, S.G-A du MP : Une occasion historique
Le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour les provinces du Sud concerne l’ensemble de Marocains. Cette initiative suscite l’unanimité du peuple marocain car elle a été élaborée en parfaite concertation avec les partis politiques et la société civile et qu’elle n’a pas émané uniquement de la part de SM le Roi Mohammed VI. Vous savez, le peuple marocain a fait un énorme sacrifice pour résoudre un problème qui dure depuis plus de trente ans. On souhaite que l’autre partie, à savoir l’Algérie, prenne en considération ce sacrifice, tout en sachant que le Maroc ne fera aucune concession sur  n’importe quelle partie de son territoire. Il est temps de s’engager dans une logique de construction dans la région de l’Afrique du Nord pour affronter des enjeux communs.

Mohamed Abied, S.G de l’UC : Une initiative pour éviter l’enlisement
Au sein de l’Union constitutionnelle, notre position est claire. Nous adhérons totalement à la proposition marocaine. Pour ce qui est de cette proposition, c’est une initiative positive qui sert les intérêts des parties. Elle va nous permettre d’éviter l’enlisement et le danger auxquels la région pourrait faire face. Elle donne aux habitants de cette région l’occasion de prendre en charge leurs affaires internes dans le cadre des fondements nationaux. Elle nous permettra d’éviter des problèmes dans l’avenir et de construire un bloc économique au Maghreb. Car aujourd’hui, l’Europe et les autres pays préfèrent traiter avec des blocs. Les autres parties doivent, elles aussi, prendre en compte les intérêts des peuples de la région.

Abdelkrim Benatiq, S.G du PT : Le plan d’autonomie permettra de bâtir une démocratie participative
Nous n’avons pas les détails sur l’évolution du dossier de l’initiative marocaine à propos du Plan d’autonomie au Sahara. Cependant, nous partageons l’avis et la position des partis de la majorité dans le sens où nous sommes pour le plan d’autonomie. Cette initiative va régler un problème qui a duré plus de trente ans et qui a paralysé toute la région. La validation du Plan d’autonomie par les Nations Unies et son application permettront de mettre fin au conflit qui persistait entre le Maroc et l’Algérie. Les Sahraouis pourront également grâce à cette démarche intégrer le Maroc et bâtir la démocratie non pas avec les armes mais par le biais d’une volonté participative.

Ahmed Benjelloun, S.G du PADS : Une solution bénéfique pour tout le Maghreb
Nous adhérons au projet d’autonomie du Sahara pour sortir de la crise qui n’a que trop duré. Il faut dire que le peuple marocain n’en a que trop souffert au niveau de son développement aux plans social, économique et politique.  C’est une tentative du Maroc mais pas de l’Algérie ni du Polisario. Nous tenons, au parti du PADS, à ce que la solution puisse se faire tout en préservant la marocanité du Sahara. Nous espérons que les autres partis politiques adhéreront à notre position, car c’est une évidence. Nous sommes pour la démocratie dans l’ensemble du Maghreb. Le fait de résoudre le problème du Sahara ne peut qu’être bénéfique pour l’Union du grand Maghreb. Nous devons, aujourd’hui plus que tout autre jour, constituer un bloc face à l’Union européenne pour que le Maghreb puisse affronter la mondialisation.

D.Yahdih, ex responsable au Polisario : Il faut donner l’initiative aux Sahraouis
De manière générale, je pense que nous sommes revenus au point de départ. Que faire alors ? A mon avis, le gouvernement marocain doit apporter quelques modifications à l’initiative d’autonomie et soumettre cette dernière aux tribus sahraouies. Il faut permettre, même sans l’accord du Polisario, aux notables et aux chioukhs des tribus de gérer les affaires du Sahara. C’est de cette manière qu’on arrivera à décrédibiliser de manière totale le Polisario, armé et financé par l’Algérie pour partir en guerre contre le Maroc. Il faut que le Royaume passe à un stade supérieur et mette en chantier l’autonomie de la région du Sahara. 

Ahmed Osman, pdt du RNI : Ce plan ne doit pas s’arrêter au Sahara
J’ai eu l’occasion de vivre de très près ce problème du Sahara, d’être présent à la signature du traité de Madrid. J’estime que tout ce conflit autour du Sahara est fabriqué de toutes pièces, car le Sahara appartient au Maroc. L’Algérie, qui se trouve à 1000km, n’est pas du tout concernée, et je ne comprends pas pourquoi est-ce qu’on parle de la nécessité  de négociation entre les deux pays. Le plan d’autonomie reste un effort du Maroc auquel adhèrent l’ensemble des partis politiques qui ont été, d’ailleurs, consultés à ce propos. Ce plan d’autonomie ne devrait pas s’arrêter au Sahara, mais être appliqué au reste des régions. Le principe répond à la régionalisation en offrant aux responsables locaux une large compétence de gestion avec des limites au point de vue défense, relations extérieures… Le Sahara reste avant tout marocain !

Driss Benali, pdt de «Alternatives» : «Il ne faut pas insulter l’avenir»
«Le Maroc fait des propositions. Il montre de la bonne volonté. Il n’insulte pas l’avenir et laisse la porte ouverte au Grand Maghreb où personne ne serait ni humiliée ni frustrée. C’est aussi rester dans cet esprit d’unité et ne pas créer des unités artificielles qui puissent gêner l’édification du Maghreb. Il faut montrer que le Maghreb est capable de maturité, mais aussi capable de transcender les problèmes pour s’inscrire dans une dynamique d’avenir". 

Houcine Beida : la majorité des Sahraouis sont pour l’autonomie
Les Sahraouis ont été séparés les uns des autres depuis plus de trente ans. Il est temps qu’ils soient rassemblés dans leur pays d’origine le Maroc, au lieu de continuer à vivre dispersés en Algérie, ou dans les camps de Tindouf, en Espagne, ou en Mauritanie…
Or, l’initiative d’octroyer une autonomie élargie aux provinces sahariennes dans le cadre de la souveraineté marocaine offre une occasion en or. Les Sahraouis sont appelés à saisir cette occasion avec force, d’autant plus qu’elle met fin à de longues années de séparation, au lieu de continuer à être l’otage de personnes qui n’ont d’yeux que sur leurs intérêts personnels. L’offre marocaine est, à mon avis, l’unique solution à un conflit qui n’a que trop duré.

Abdelmajid Bouzoubaâ : Le Maroc doit appliquer le projet d’autonomie
L’initiative marocaine pour le projet d’autonomie va créer une dynamique nouvelle pour trouver une solution juste, équitable et durable au conflit. Ce projet va mettre le Polisario et à travers lui l’Algérie et les pays qui soutiennent la thèse algérienne en difficulté pour refuser une telle initiative. Bien entendu, le Polisario et l’Algérie se sont mobilisés avant même que ce projet ne soit conçu. Ils ont, d’ailleurs, essayé de s’opposer à toute initiative marocaine telle qu’elle soit. Aujourd’hui, je pense que le Maroc peut déjà commencer à exercer l’initiative d’autonomie en levant les défis économiques, politiques, sociaux et culturels, ce qui va renforcer le front intérieur. 

Gjmoula Bent Ebbi, membre du Corcas : La proposition marocaine est historique
L’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour le Sahara est historique et courageuse. Elle exprime la volonté du Royaume à trouver une solution pacifique et définitive au conflit du Sahara qui a duré plus de 30 ans. La proposition du Maroc est très importante car elle intervient à un moment crucial pour faire sortir la question du Sahara de l’impasse. Le projet d’autonomie du Sahara, sous la souveraineté du Maroc, élaboré en consultation avec la société civile de la région à travers le CORCAS (Conseil royal pour les affaires sahariennes), est un projet complet qui reflète les ambitions et les aspirations de la société Sahraouie.

Abderrahim Lahjouji (FC) : C’est plus que l’autonomie administrative
Ce plan constitue pour le Maroc une avancée  extrêmement importante en matière d’autonomie. C’est un concept audacieux qui va au-delà de ce que les pays de la région pouvaient imaginer. Il n’y a pas que l’autonomie administrative qui est mise en exergue dans la proposition marocaine. Il y a aussi l’autonomie économique, la possibilité donnée à la région de s’auto-organiser intérieurement avec une Parlement et un gouvernement sous la tutelle bien entendu de l’autorité centrale. Bref, tous les ingrédients permettant à cette région de se développer sont là.

Noureddine Ayouch, pdt de Daba 2007 : Enfin une proposition marocaine
Ma première remarque est qu’il s’agit là enfin d’une initiative du gouvernement marocain, initiative qu’il faut saluer. Deuxième point important, ce plan d’autonomie est fait d’une manière intelligente, il ne ferme pas la porte au dialogue. La manière dont il a été présenté est excellente. On n’a pas dévoilé toutes nos cartes dès le départ. On a présenté le dossier aux grandes puissances, aux membres du Conseil de sécurité et à nos partenaires arabes et africains sans en dévoiler le continu. C’est une démarche intelligente. Il y a eu ensuite le contenu qui n’est pas exhaustif, mais laisse la voie au dialogue et à la négociation. On ne peut qu’applaudir ce schéma de régionalisation sur le modèle de ce qu’il y a mieux en Europe, notamment en Allemagne et en Espagne.

Mohamed Bahi : Les Sahraouis sont attachés au Roi
C’est la première fois que les habitants du Sahara participent à l’élaboration d’une initiative pacifique pour résoudre le conflit. Le statut d’autonomie veut dire pour les populations sahraouies ont une relation directe, sans intermédiaire, avec Sa Majesté le Roi, représentant suprême de la nation, symbole de son unité et Commandeur des croyants. Ces populations revendiquaient, depuis longtemps, une telle relation et cela se réalise actuellement. Cela avait même été la demande de Bachir Mostafa Sayed, deuxième homme au Polisario, comme préalable à une solution. L’autonomie doit se faire avec les populations présentes au pays et il ne faut pas attendre que tout le monde soit réuni. Ceux qui reviendront se retrouveront au sein de leurs familles et chez eux dans le cadre de cette initiative".

Mohamed Seddiki, (l’USFP) : Le Plan d’autonomie est une bonne solution 
Tout le monde sait que le Maroc vivait une situation difficile sur le plan diplomatique. Il avait refusé le plan Baker proposé par les Nations Unies et c’est pour cela qu’il devait trouver une solution pour sortir de l’enlisement. Le Plan d’autonomie préparé et proposé par le Maroc est venu comme une alternative pour résoudre un conflit qui n’a que trop duré. Je pense personnellement que ce plan constitue une bonne initiative du Maroc. Cependant, ce n’est que le début de la bataille. Pour que la proposition du Maroc puisse être appliquée sans qu’il y ait d’incidences, notre pays doit préparer le terrain pour que ce plan réussisse.

Abdelilah Mansouri : L’initiative marocaine est courageuse
Nous sommes convaincus du bien-fondé de l’initiative marocaine, d’autant plus que les propositions présentées par les partis politiques, dont celles du Parti socialiste unifié (PSU), ont été prises en considérations. Le PSU avait proposé d’octroyer de larges attributions à la population des provinces sahariennes pour lui permettre de gérer ses affaires par elle-même. Nous considérons, par ailleurs, que la proposition a été audacieuse. Elle octroie de larges prérogatives aux habitants des provinces sahariennes, à l’exception évidemment de la Défense, les Affaires étrangères, le drapeau et le système monétaire du Royaume. L’une des propositions les plus courageuses consiste à permettre aux habitants des provinces sahariennes d’élire un Premier ministre.

Saâdeddine El Othmani, (PJD) : Pour une large mobilisation
Le Maroc a fait preuve d’un courage exemplaire, surtout quand on sait que les propositions venaient de l’autre partie, le Polisario et l’Algérie, ou encore des instances internationales. Cette fois, c’est le Maroc qui prend l’initiative et présente une proposition pour le règlement du conflit artificiel créé autour des provinces du Sud. La proposition marocaine doit s’inscrire dans le cadre d’une régionalisation élargie englobant toutes les provinces du Royaume, pour donner un contenu et une âme au projet de la décentralisation que les parties officielles évoquaient souvent sans le traduire par des actes concrets sur le terrain. Cette régionalisation élargie est devenue un besoin, voire une nécessité pour réformer le système de gouvernance dans notre pays de manière à donner aux provinces et régions du Royaume la possibilité de jouer un rôle principal dans son propre développement.  Le Maroc doit s’appliquer à mettre en œuvre son initiative, ou le minimum de cette initiative, sur le terrain.

Mohamed Ansari (PI) : Une sortie du blocage politique
Il est clair que nous ne pouvons que soutenir l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie du Sahara. Le processus des consultations élargies avec les différents partis politiques, institutions dont le Parlement, ONG des droits de l’Homme et la société sahraouie à travers le CORCAS (Conseil royal pour les affaires sahariennes) est une réussite. La proposition marocaine pour l’autonomie de la région sous la souveraineté du Royaume a permis de sortir le dossier du Sahara de la situation de gel politique. En outre, ce projet a suscité plusieurs réactions positives de la part des pays occidentaux et arabes.

Abdelkarim Belguendouz : Une initiative à caractère flexible et ouvert
Ce qui me frappe le plus dans l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie du Sahara, qui a fait l’objet d’une large campagne d’explication à travers le monde, c’est son caractère flexible et ouvert, tout en sauvegardant les trois constantes fondamentales, à savoir l’attachement aux constantes et valeurs sacrées nationales, la souveraineté du Royaume, son intégrité territoriale et son unité nationale. Cette initiative de paix qui s’inscrit dans le cadre de l’ONU, laisse le champ ouvert à la discussion et au dialogue. Le débat approfondi et les enrichissements sont sollicités de toutes les parties concernées pour parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable de ce différend qui n’a fait que trop duré. En effet, l’initiative marocaine n’est pas rigide, mais offre la possibilité d’engendrer dans le cadre d’une dynamique de négociations, les bases d’une solution juste à ce conflit, dans le respect de la légalité internationale.

Khalid Naciri (PPS) : Le Maroc, un pays créateur d’initiatives
Avec cette initiative du plan d’autonomie, le Maroc vient de marquer un point extrêmement important. Il est parvenu à inverser  la donne stratégique en la matière. Il est passé d’un statut de pays obligé à subir à celui de pays créateur d’initiatives. Maintenant l’Algérie et le Polisario doivent être réactifs.
Mais jusqu’à présent, leur position n’est pas stratégique. Ils font tous les deux une gestion politicienne de l’affaire du Sahara qui ne convient plus dans le contexte actuel. Sur le plan intenational, les Nations Unies attendaient une étude sérieuse pour sortir de la crise. Elles  l’ont eue. Le Maroc est donc perçu comme un pays sérieux et cela joue en sa faveur.

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