Un commerce prospère

Le chiffre d’affaires de cette production est estimé à 12 milliards de dollars sur le marché mondial. C’est autour d’une conférence de presse à Rabat en décembre 2003 qu’un premier rapport du genre, concernant le cannabis a été présenté par les responsables de l’ONUDC et de plusieurs ministères marocains concernés par la lutte contre la drogue.
Dans la région du Rif, au Nord du Royaume, la culture illicite qui couvre quelque 134 000 hectares ne rapporte que 214 millions de dollars aux agriculteurs marocains selon une étude menée conjointement par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et les services officiels du Maroc.
La lutte est difficile contre cette production qui concerne 66 % des 146.000 familles de la région – quelque 800.000 personnes tributaires de la drogue pour 51 % de leurs revenus.
Les autorités marocaines ont souligné la «responsabilité partagée» entre les producteurs marocains de cannabis et les pays consommateurs, responsables de la demande de haschisch mais aussi d’une grande partie du trafic de la drogue, dont ils retirent l’essentiel des revenus. Le directeur de l’ONUDC, Antonio Maria Costa, a souligné lors de la rencontre précitée que le rapport en question comportait quelques «bonnes nouvelles».
Particulièrement la faible part que prend la drogue aussi bien dans le revenu national – 0,57 % du PIB – que du point de vue de la proportion du territoire et de la population concernée.
En 2001, l’Agence marocaine pour le développement du Nord avait estimé à 70.000 hectares la superficie réservée à la culture du cannabis dans la région du Rif.
Le chiffre du rapport – 134.000 hectares – a été calculé de manière « scientifique » en utilisant des images du satellite « Spot » prises au cours de l’été 2003, vérifiées et « calibrées » sur le terrain par des enquêteurs, a souligné Driss Benhima à l’époque. Ce dernier a insisté sur « la volonté du Maroc d’avoir des données incontestables ».
Les 47.000 tonnes de cannabis brut cultivés représentent une production de 3.080 tonnes de résine du cannabis (haschisch), forme sous laquelle la drogue est vendue, précise le rapport.
Les saisies de haschisch d’origine marocaine opérées en 2002 au Maroc (66 tonnes) et en Europe de l’ouest (735 tonnes) ont représenté environ le quart de la production, souligne le rapport.
Les reponsables marocains ont assuré que le développement des zones de culture du cannabis était « stabilisé », tout en soulignant les difficultés de la lutte contre la drogue dans le Rif, une région à la fois montagneuse, très peuplée et enclavée. M. Benhima avait rappelé que plusieurs programmes en cours visaient le désenclavement et le développement économique de la région, tout en soulignant que cela resterait insuffisant au regard d’un phénomène « dont les facteurs de croissance échappent au Maroc ».
Autrement dit, la coopération internationale est indispensable même avec l’introduction de cultures de substitution, de nouvelles infrastructures et par la modernisation de l’organisation sociale de la région. Il n’en demeure pas moins que tout avantage a ses inconvénients et réciproquement.

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