Un institut pour anticiper

Un institut pour anticiper

Dans le discours que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a prononcé, mercredi, à l’occasion du quatrième anniversaire de son accession au Trône, le Souverain a annoncé la création d’un Institut royal des études stratégiques (IRES). « Notre pays vit une transition globale qui nécessite le renforcement de ses capacités d’analyse, d’adaptation et d’anticipation. Aussi, avons-Nous décidé de créer un Institut royal des études stratégiques pour remplir cette mission essentielle, afin d’être en interaction permanente avec les changements et de maîtriser et agir sur les mutations profondes qui s’opèrent aux niveaux interne et externe », a dit SM le Roi. L’initiative du Souverain répond donc à la nécessité de doter le Maroc d’un centre d’analyses et d’études chargé de faire des recherches sur les mutations socio-économiques et politiques de la société marocaine, les moyens à même de renforcer le rôle du Maroc dans son environnement géographique immédiat ainsi que la mise en valeur de la place qu’il doit avoir sur la scène mondiale. Trois axes qui constitueront les principales préoccupations des experts qui auront la responsabilité et l’honneur d’en être les membres. Certes, il existe au Maroc différents services qui élaborent régulièrement des études sur la conjoncture nationale et internationale dans tous les domaines. La situation économique du Maroc, l’évolution de la société marocaine et les effets des mutations politiques nationales et internationales sur la place du Maroc sont des domaines qui sont suivis de près par plusieurs administrations marocaines. Mais, ces différents services travaillent généralement seuls et ne font pas profiter leurs homologues du fruit de leurs études, faute d’un organisme ayant pour mission de regrouper, centraliser, classer et recouper avant d’analyser toutes les données émanant de plusieurs sources. Ainsi, le ministère de l’Intérieur, le ministère des Affaires étrangères, la Défense nationale et les différents services de renseignements produisent tous d’une manière régulière des études et des analyses ayant une portée géostratégique. Mais, cela ne permet guère d’avoir une vision nationale unique sur l’avenir du Maroc. Car, ce n’est qu’en centralisant entre les mains d’un seul organisme la mission de tracer les grandes lignes de ce qui doit être l’objectif du Maroc tant sur la scène nationale qu’internationale que l’on peut maximaliser l’action collective de la société politique et civile du pays. A l’instar de ses homologues, l’IRES aura pour mission d’effectuer des travaux d’investigation à caractère stratégique, sociologique et polémologue ayant des applications dans le domaine de la sécurité et de la défense. Cet Institut devrait aussi avoir pour mission de promouvoir l’intérêt de la société marocaine pour tout ce qui en relation avec la sécurité actuelle et future du pays. Cette mission est particulièrement importante car elle permettra d’approfondir les liens entre les citoyens et les organismes de décision en matière de sécurité nationale. La sécurité, le développement socio-économique et la mise en valeur du rôle du Maroc sur la scène internationale deviennent ainsi une préoccupation de tous les citoyens qui se sentent concernés par ce qui se passe dans leur pays. Dans tous les pays où il existe des Instituts d’études stratégiques, la tradition veut qu’un rapport de conclusions soit annuellement rendu public. Evidemment, il ne comprend pas les études d’aspect confidentiel, mais il permet néanmoins de sensibiliser les citoyens sur les grandes questions et les principaux défis que doit affronter leur pays. La décision royale de créer l’IRES permet donc de placer le Maroc dans la voie de la modernisation de ses outils d’analyse et de réflexion et qui aura certainement des retombées positives sur la position du Maroc sur l’échiquier international.

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