Un pays en marche, une mobilisation en retrait

Les ONG marocaines sont exceptionnelles. Un petit suivi de leurs actions et démonstrations en dit plus long sur cette exception marocaine, d’un ordre certes culturel, mais aussi lié aux enjeux à relever, aux causes à défendre. Tout intérêt « privé » trouve une réponse, des foules pour marcher en son honneur, des porte-paroles et des organismes structurés travaillant d’arrache-pied pour atteindre les objectifs tracés. On l’a bien vu quand il a été question des médicaments génériques et du débat qui en a découlé en marge des négociations devant aboutir à un accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis. On l’a également constaté en matière de culture, qui a vu se constituer une coalition pour « la défense de l’exception marocaine. Des gens sont prêts à être bastonnés pour faire-valoir un soit-disant intérêt général, mais qui masque bien des enjeux tout sauf généraux et qui font le jeu de quelques particuliers. Que ce soient des opérateurs de l’industrie pharmaceutique, des francophones aussi francophiles que motivés par la manne que procurent des organismes français, ou bien de quelques ténors du showbiz à la marocaine, ayant fait leur fortune au travers d’un monopole aussi tacite qu’écrasant. Tout « droit de l’hommiste » a droit de cité. Des organisations fusent et refusent toute concession à l’égard de droits, tout à fait légitimes par ailleurs, et revendiquent la libération d’un tel et le châtiment d’un tel autre. Pour que justice soit faite. Pour que le Maroc aille de l’avant dans son projet d’Etat de droit. Toutes ces formes de mobilisation sont, plus ou moins louables et inscrivent le pays dans une logique on ne peut plus démocratique. Mais on semble avoir oublié qu’il existait d’autres causes, franchement et nettement plus à même d’être défendues. Les voix qui s’élèvent pour crier au scandale dans une affaire donnée se taisent d’emblée, dès que d’autres affaires sont soulevées. A commencer par la cause nationale numéro1, celle du Sahara marocain que l’on a reléguée aux politiques alors que chaque Marocain y a son mot à dire et son territoire à préserver. Le pays fait également face à l’une des menaces les plus sérieuse qu’il a eu a gérer : le terrorisme islamiste. Face à des enjeux d’une telle envergure, le silence se fait loi, l’indifférence est exemplaire. Or, ce sont ces « événements » qui mobilisent les masses, qui s’adressent à tous les Marocains et qui suscitent le plus d’unanimité. En témoigne la mobilisation populaire suite aux tragiques événements du 16 mai. Autre exemple : la Marche Verte, qui n’est autre que qu’une réponse massive à une noble revendication. Maintenant, le “Je” l’emporte sur tout le reste. Même en matière d’opinion publique, on semble aussi demander trop à un pays auquel on ne donne, ou on ne se donne, que peu.

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