Une taupe nommée Abdelilah Issou

Drôle d’oiseau qu’Abdelilah Issou. Lauréat de l’Académie royale de Meknès d’où il sort en 1988 avec le grade de sous-lieutenant, ce natif de Tétouan, la quarantaine, issu d’une famille modeste, sera affecté ensuite à la troisième compagnie de quartier général (CQG) d’Agadir avant d’être appelé à rejoindre le 49ème bataillon d’infanterie de secteur (BIS) d’Amgala dans les provinces du sud. Promu lieutenant le 1er juillet 1990, il est muté, le 16 octobre 1994, dans le 29ème bis de Tanger, une unité chargée de la lutte contre la trafic de drogue et l’émigration clandestine. M. Issou fera ensuite partie, le 1er mai 1995, du 19ème bis de Gueltat Zemmour.
Entre le 16 septembre 1997 et le 26 juin 1998, le lieutenant Issou effectue un stage d’application en infanterie à l’école royale d’infanterie de Ben Guérir. Jusqu’ici, l’officier a fait un parcours sans faute. Il peut même aspirer à une promotion. Mais le comportement de M. Issou va brutalement changer après son affectation, le 16 janvier 1999, au centre d’infanterie de Kasbat Tadla. Là, il commence à briller par des absences injustifiées et une “mauvaise manière de servir“. Ce qui lui a valu nombre de remarques de la part de ses supérieurs, puis des sanctions disciplinaires. Celui qui totalisera quelque 245 jours d’arrêts de rigueur sera même traduit à deux reprises, au cours de l’année 2000, devant le conseil d’enquête.
Apparemment, l’officier indiscipliné n’aime pas la garnison de Kasbat Tadla. Pour un nordique, Tanger est certainement meilleure. Il tentera tout pour obtenir une nouvelle mutation. Pour cela, il va même jusqu’à se faire soigner dans le service psychiatrique de l’hôpital Mohammed V qui lui accorde plusieurs congés de convalescence. M. Issou joue-t-il au malade imaginaire ? Pour s’assurer de son état de santé et examiner son cas, il est convoqué à deux reprises par une commission médico-militaire. Mais le lieutenant ne se présentera pas.
Objet d’un avis de recherche de la gendarmerie royale de Kasbat Tadla, Abdelilah Issou est introuvable. Depuis le 30 août 2000, il est considéré comme déserteur.
Qu’est-ce qui s’est passé dans la tête du militaire ? Il semble que celui-ci nourrissait depuis des années le projet de quitter le Maroc et son armée pour s’installer en Espagne. Ici, vit son épouse, Dina El Idrissi. Hispano-marocaine, elle poursuit ses études supérieures dans ce pays voisin.
Dina ne compte pas vivre constamment en Espagne. Elle a décidé de s’installer définitivement au Maroc une fois son cursus terminé. Cependant, le mari a tenté de lui faire changer d’avis, histoire de pouvoir aller la rejoindre. En vain. En désespoir de cause, M. Issou, fou furieux d’avoir été contrarié, s’avise, le 19 février 2001, de répudier sa femme qu’il suspecte en plus d’infidélité.
Le retour au bercail de Dina n’arrange visiblement pas ses intérêts. Abdelialah Issou a fait par deux fois le voyage de l’Espagne : en novembre 2001 (un séjour de 10 jours) et en janvier 2002.
Les autorités marocaines le suspectent de collaborer avec les services espagnols moyennant finances. “ Le lieutenant Issou a pu se rendre en Espagne grâce à un passeport espagnol“, précise une source proche du dossier. C’est grâce à ce même passeport qu’il a quitté clandestinement le Maroc dès début mai 2002 après avoir déserté les rangs des FAR.

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