Afghanistan : le retour des Talibans

Kandahar a été le théâtre hier d’un nouvel attentat suicide revendiqué par les Talibans. Un civil a été tué et onze personnes blessées dans un attentat à la voiture piégée à proximité d’un convoi canadien de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf), rapportaient hier des sources policières afghanes, citées par l’AFP. Cet attentat, qui vient s’ajouter à une quarantaine d’autres perpétués ces derniers jours par les adeptes du mollah Omar, intervient alors que les forces de l’Otan avaient affirmé avoir chassé les Talibans d’un de leurs bastions dans le sud et annoncé le début des opérations de reconstruction. Une nouvelle démonstration de force visant à montrer que les Talibans n’ont pas encore été mis hors d’état de nuire, en dépit de l’opération Medusa lancée le 2 septembre par l’Isaf dans la province de Kandahar. Dans une déclaration à la chaîne Channel 4, le commandant britannique de l’Isaf, David Richards, a reconnu la difficulté de l’Isaf à réduire la capacité de nuisance des Talibans, affirmant que les opérations menées contre ces derniers par la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan pourraient prendre encore trois à cinq ans. «Si nous faisons cela de manière intelligente, j’estime que concernant l’insurrection, dans trois à cinq ans, nous pourrons dire «Bon, nous avons à peu près gagné»», a-t-il déclaré.  En excluant l’hypothèse d’une victoire rapide sur les Talibans, les forces alliées en Europe ont exprimé, par la voix de leur commandant en chef, le général James Jones, leurs besoins de renforts pour faire face à la guérilla des anciens étudiants en théologie. Depuis le déclenchement de l’opération Medusa, en début septembre 2006, plus de 500 Talibans et une vingtaine de soldats alliés auraient trouvé la mort, indiquent des bilans partiels de l’Otan. Du côté des forces alliées, les soldats britanniques et canadiens ont payé le plus lourd tribut. L’armée britannique avait perdu 17 soldats, dont 14 dans un accident de leur avion-espion, alors que cinq soldats canadiens ont péri dans l’opération, la plus importante opération anti-Talibans lancée par l’Isaf depuis qu’elle a pris le contrôle du sud de l’Afghanistan le 31 juillet dernier. Cette opération s’est concentrée sur le district de Panjwayi, à 35 kilomètres de Kandahar, dont les Talibans avaient fait un point de départ pour leur conquête du pouvoir entre 1994 et 1996. Plus de dix ans plus tard, et après été chassés du pouvoir, les ouailles du mollah Omar marquent un retour fracassant sur la scène internationale. Dire que les «destructeurs des Bouddhas de Bamyian» ont repris du poil de la bête.

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