Afghanistan-otages : Tentative de pourparlers entre émissaires sud-coréens et talibans

Afghanistan-otages : Tentative de pourparlers entre émissaires sud-coréens et talibans

Des émissaires de Séoul et les talibans étaient prêts à entamer des pourparlers directs jeudi pour la première fois, pour tenter de négocier la libération des 21 otages sud-coréens détenus depuis 15 jours en Afghanistan, après l’exécution de deux d’entre eux. Les autorités afghanes ont implicitement donné leur aval par la voix du gouverneur de la province de Ghazni (140 km au sud de Kaboul), où le groupe a été enlevé, qui a annoncé lui-même la préparation de cette rencontre. «Une délégation de diplomates sud-coréens est sur le point de rencontrer les talibans pour des pourparlers directs», a ainsi affirmé à l’AFP Mirajuddin Pattan. «Cette requête des Sud-Coréens a été acceptée par les talibans et nous sommes en train de voir comment et quand cette rencontre peut avoir lieu», a ajouté le gouverneur.  Un membre de la délégation sud-coréenne a cependant indiqué à l’AFP jeudi matin que l’acceptation de cette rencontre ne leur avait pas encore été officiellement notifiée. Les talibans n’avaient pas encore pu être joints jeudi en fin de matinée pour confirmer cette information mais mercredi soir, leur porte-parole habituel, Youssouf Ahmadi, avait laissé entendre qu’ils souhaitaient ces pourparlers directs, après avoir accusé à de multiples reprises la délégation de médiateurs du gouvernement de ne pas négocier de manière «honnête». «Nous n’avons pas tué d’otages après l’expiration de l’ultimatum (mercredi à la mi-journée) parce que nous avons entendu dire qu’une délégation sud-coréenne voulait nous parler sans intermédiaire», avait-il assuré à l’AFP.
Les talibans avaient fixé un énième ultimatum mercredi au gouvernement afghan pour accepter un échange de prisonniers. Les autorités afghanes rejettent cette option, réclamant la libération sans condition des 16 femmes du groupe d’otages, comme préalable à la poursuite des négociations. Deux otages, deux hommes, ont déjà été exécutés par les talibans, les 25 et 30 juillet, au terme d’ultimatums sans cesse repoussés depuis une semaine.
La tension est montée d’un cran dans le district de Ghazni alors que la crise des otages sud-coréens entre dans sa troisième semaine. Mercredi soir, les talibans ont menacé une nouvelle fois de tuer "à tout moment" d’autres otages, alors que des tracts mettant en garde la population contre une opération militaire ont été largués dans la région.
Kaboul et la force multinationale sous commandement américain ont aussitôt démenti l’imminence d’une tentative de libérer les otages par la force, les autorités afghanes assurant que les opérations mentionnées dans le tract étaient prévues depuis longtemps et n’avaient «rien à voir» avec les otages.
Les 23 Sud-Coréens, des membres de l’Eglise presbytérienne Saem-Mul, pour la plupart âgés de 20 à 35 ans, ont été enlevés le 19 juillet alors qu’ils circulaient à bord d’un autocar privé sur l’axe Kaboul-Kandahar (sud), l’un des plus dangereux d’Afghanistan.
Il s’agit du plus important groupe d’étrangers enlevé en Afghanistan depuis la chute du régime islamiste des talibans en novembre 2001. Le président Hamid Karzai avait assuré qu’il n’y aurait plus jamais d’échanges de prisonniers après la libération en mars du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo contre celle de cinq responsables talibans. Cet échange avait été très critiqué par Londres, Washington ou des associations afghanes qui craignaient qu’il n’incite les talibans à multiplier les enlèvements. Ces combattants fondamentalistes détiennent par ailleurs un ingénieur allemand de 62 ans, enlevé le 18 juillet dans la province de Wardak (100 km au sud de Kaboul) avec quatre collègues afghans, et réclament aussi la libération de plusieurs des leurs en échange.

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