Al Qaïda dénonce le nouveau régime à Nouakchott

Le chef présumé de la branche mauritanienne d’Al Qaïda, El Khadim Ould Esseman, appelle les musulmans à ne pas reconnaître «le régime mécréant» dirigé à Nouakchott par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une lettre rédigée en prison et transmise lundi. Ce courrier de deux pages en arabe, écrit à la main et signé de son nom, a été remis à l’AFP par un membre de sa famille. Une junte dirigée par le général Ould Abdel Aziz a renversé le 6 août le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Depuis ce coup d’Etat, le général dirige le pays à la tête d’un Haut conseil d’Etat composé de militaires. «Il semble que le pouvoir dans ce pays est passé entre les mains d’un membre de la même tribu que moi mais la religion exige de tout musulman sain de trancher contre tout soutien ou reconnaissance», affirme ce courrier.  « Même s’il (le chef de la junte) est proche par le sang et l’appartenance au même ensemble tribal, la foi musulmane le disqualifie de diriger une nation musulmane puisqu’il est assimilable à un mécréant», ajoute-t-il. «Ceux qui applaudissent le nouveau pouvoir et ceux qui sont contre lui doivent cesser de le faire et se tourner vers l’application stricte de la charia», poursuit-il. El Kadim Ould Esseman est le principal accusé dans l’attaque menée le 1er février contre l’ambassade d’Israël à Nouakchott, revendiquée par Al Qaïda. Il est soupçonné par la justice d’être le dirigeant de la branche mauritanienne d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI, ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat – GSPC), de la nébuleuse d’Oussama Ben Laden. Il avait été arrêté fin avril alors qu’il était recherché depuis son évasion de la prison de Nouakchott en avril 2006 et visé par un mandat d’arrêt international. La justice l’a notamment inculpé pour « utilisation du territoire (mauritanien) pour mener des actes terroristes contre un pays étranger » (Israël) et «appartenance à une organisation terroriste». A la mi-août, la branche nord-africaine d’Al-Qaïda avait estimé, dans un communiqué diffusé sur internet, que les auteurs du coup d’Etat en Mauritanie avaient probablement eu «l’approbation de l’Amérique, de la France et d’Israël». Ce texte, signé par le chef d’AQMI Abdelmalek Droukdel, avait exhorté les Mauritaniens à se «préparer à la guerre». Pays réputé calme, la Mauritanie s’était trouvée fragilisée par trois attaques terroristes fin 2007-début 2008 qui avaient fait sept morts – quatre touristes français et trois militaires mauritaniens. Début avril, en périphérie de Nouakchott, des échanges de tirs entre forces de l’ordre et jihadistes présumés s’étaient soldés par la mort d’un policier et de deux islamistes.

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