Arafat poussé vers la sortie

Les forces israéliennes campaient encore hier sur leurs positions autour de la Moukataâ, le quartier général du président Yasser Arafat à Ramallah en Cisjordanie, après avoir interrompu les opérations de démolition du complexe administratif de l’Autorité palestinienne. Malgré les protestations qui se sont élevées du monde entier, les Etats-Unis y compris, le siège autour du dernier bâtiment encore debout est maintenu, Israël réclamant toujours la reddition d’une cinquantaine de militants palestiniens qui y sont retranchés.
Les bulldozers, qui ont réduit la plupart des édifices du complexe à l’état de ruines, se sont, retirés dimanche et des fils barbelés ont été mis en place autour de la zone. Alors que ce siège entrait hier dans son cinquième jour, les protestations palestiniennes et internationales s’intensifient. La grève commerciale a été massivement suivie en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, tandis que les dirigeants palestiniens appelaient le monde arabe à l’aide. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies devait se réunir pour discuter de la provocation israélienne. Européens et pays arabes demandent une condamnation claire et ferme. Nabil Abou Roudainah, l’un des proches collaborateurs de Yasser Arafat, a déclaré depuis la Moukataâ assiégée que le Conseil de Sécurité doit agir. «Ceci est une situation dangereuse et inacceptable», a-t-il dit.
Le président de l’Autorité palestinienne ainsi que250 responsables palestiniens environ se trouvent assiégés depuis jeudi. Le gouvernement israélien réclame la reddition de 50 membres parmi ces responsables pour justifier leur agression, alors qu’il apparaît clairement que son objectif est d’obtenir le départ d’Arafat.
La Maison-Blanche a estimé que ce siège n’était pas «efficace» pour mettre un terme aux violences qui affectent le Proche-Orient. Le quotidien israélien Haaretz affirme que la démolition de la Moukataâ a été interrompue en raison des pressions américaines. Des milliers de Palestiniens sont descendus dans les rues pour manifester en faveur de leur président, qui a réaffirmé sa détermination à ne pas céder. «Nous hisserons le drapeau de la Palestine sur les murs, les églises et les minarets de Jérusalem (…) Que Dieu fasse de moi un martyr»,a-t-il dit lors d’une conversation téléphonique avec un député arabe israélien. Ce député, cité par la télévision israélienne, a témoigné : «Il a réaffirmé qu’il ne s’agenouillerait pas devant Sharon et a donné à ses hommes l’ordre de ne pas se rendre». Les forces israéliennes qui assiègent la Moukataâ ont suspendu l’approvisionnement en eau et en électricité ainsi que le téléphone pour accentuer l’isolement du président Arafat. La situation se détériorait à chaque heure. «Ils n’ont plus d’eau, car les soldats israéliens ont tiré dans les réserves, plus d’électricité et donc plus d’air conditionné alors que la chaleur est insupportable, et plus de ligne téléphonique», racontait Claude Leostic, une militante française des droits de l’Homme, qui se tient en liaison permanente, par portable, avec l’intérieur de la Moukataâ où elle a passé le dernier siège à côté d’Arafat entre mars et mai derniers. Accompagnée d’une centaine d’étrangers, la pacifiste française a bien essayé de forcer les barrages de l’armée israélienne pour porter de l’eau et des médicaments aux assiégés, mais en vain. Personne ne pouvait approcher à 200 mètres du bâtiment.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *