Bruxelles appelle à un partenariat équilibré avec les Etats-Unis

Cette réunion informelle, qui a eu lieu à la veille de l’élection américaine en présence du diplomate en chef de l’UE, Javier Solana, et de la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a pour but de se mettre d’accord sur un document qui doit ensuite être adressé au président élu. «C’est un message très important qu’après avoir attendu qu’il soit élu, nous lui proposerons», a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence de l’UE. Pour lui, «le monde a changé, parce qu’on s’est aperçu qu’un grand pays, qui restera un très grand pays, n’est pas le seul concerné par les problèmes du monde». «L’Union européenne s’est quand même raffermie», a-t-il dit, en référence à la façon dont l’UE a géré les crises financière et russo-géorgienne. «Notre relation devrait être plus équilibrée», a estimé de son côté Mme Ferrero-Waldner. «Nous avons fait preuve de leadership en Géorgie et c’est exactement ce que nous voulons montrer maintenant», a-t-elle fait valoir. Le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a précisé toutefois qu’«il ne s’agit pas seulement de demander des choses aux Etats-Unis». «Il s’agit pour l’Europe de prendre toute sa place et de s’assurer que sa contribution au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan, dans la crise financière internationale, est forte et claire», a-t-il affirmé. Ce débat avait été engagé début septembre, en Avignon (sud de la France). M. Kouchner avait alors souligné que les Européens ne voulaient «pas être des supplétifs». La guerre en Irak avait créé en 2003 des tensions très vives entre Washington et plusieurs capitales européennes, et divisé durablement les Européens. M. Miliband et Kouchner, qui ont effectué ce week-end une tournée en République démocratique du Congo et au Rwanda, devaient par ailleurs rendre compte de leur mission à leurs 25 collègues européens. «Personne n’exclut un rôle militaire» pour l’UE dans l’est de la RDC, où des affrontements ont provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, a dit à la presse M. Miliband, tout en précisant qu’avant toute décision, l’UE devait attendre le compte-rendu de l’envoyé de l’ONU au Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé en fin de semaine au responsable onusien des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, de se rendre en RDC. La France avait proposé la semaine dernière l’envoi d’une force militaire européenne à vocation humanitaire en appui à la mission de l’Onu (Monuc), mais les représentants des 27 pays de l’UE réunis vendredi au sein du Comité de politique et de sécurité avaient donné la priorité à la diplomatie. La réunion informelle de Marseille devait être suivie d’une conférence ministérielle du «Processus de Barcelone/Union pour la Méditerranée» (UPM) réunissant 43 pays du continent européen et du pourtour de la Méditerranée dans la même ville. Les partenaires euro-méditerranéens ont tenté lundi et mardi de surmonter leurs divergences sur les questions du siège du secrétariat, le statut de la Ligue arabe et le processus de paix.

• Indalecio Alvarez (AFP)

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