El-Béchir qualifie de «mensonges» les accusations de génocide

Se déplaçant en convoi, entouré d’hélicoptères, soldats, policiers et membres de la Sécurité nationale, le président soudanais Omar el-Béchir a été accueilli à El-Facher, capitale du Darfour-nord, par 5.000 à 6.000 manifestants pro-gouvernementaux, des fonctionnaires, membres de tribus et étudiants. Il s’est rendu ensuite à Nyala (sud) où il a aussi été accueilli par plusieurs milliers de personnes. Le président, très souriant, a répondu à la foule en entamant quelques pas de danse, sa canne levée vers le ciel. Sa tournée intervient un peu plus d’une semaine après que le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé un mandat d’arrêt contre lui pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, l’accusant de vouloir « mettre un point final à l’histoire des peuples Four, Masalit et Zaghawa ». Des membres de ces groupes, dont certains font partie du Congrès national, le parti du président, se trouvaient parmi les manifestants, signe de la complexité d’un conflit où les violences, la famine et les maladies ont fait jusqu’à 300.000 morts selon l’ONU, quelque 10.000 selon Khartoum. À El-Facher, le quartier général de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad), M. Béchir a affirmé que «ce que Ocampo a dit sur le Darfour, ce sont des mensonges». «Nous devons trouver une solution au problème de Darfour», a-t-il lancé devant des centaines de personnes déplacées par les violences qui lui manifestaient leur soutien. «Je suis venu ici, au Darfour, pour dire une seule chose. Chaque personne déplacée doit retourner dans son village. Le gouvernement devra alors fournir les services sociaux», a-t-il poursuivi. Des Darfouris déplacés ont pris à partie le gouvernement de M. Béchir, l’accusant de n’avoir pas fourni de compensations pour la perte de leurs maisons, leurs fermes et leur bétail pendant le conflit. Ils ont dressé une longue liste de doléances, de la pénurie alimentaire à l’insécurité croissante. M. Béchir a répondu que la guerre avait entravé le développement, non seulement au Darfour mais dans tout le Soudan, affirmant que son gouvernement faisait son maximum pour résoudre la crise. A Nyala, il a accusé la France, où vit en exil le principal chef rebelle Abdel Wahid Mohammed Nour de nuire au processus de paix et annoncé en signe de réconciliation la libération de 89 enfants capturés après une attaque de rebelles du Darfour contre Khartoum le 10 mai. «J’ai donné ordre aux autorités de libérer ces enfants et de prendre soin de leur éducation», a-t-il dit dans un discours.

Abdel Monem Abou Idriss Ali (AFP)

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