G8 : Le sommet de la pauvreté

G8 : Le sommet de la pauvreté

Le sommet du G8 s’est ouvert hier à Gleneagles en Ecosse. Au sommaire de la réunion des dirigeants des huit pays les plus industrialisés, deux grands dossiers à savoir l’annulation de la dette des pays pauvres et les changements climatiques. Après le formidable battage médiatique du Live 8, les regards sont désormais dirigés vers Gleneagles dans l’espoir de voir les promesses des pays du G8 aboutissent. En effet, un accord paraît acquis pour annuler la dette de 18 pays très pauvres, et un doublement de l’aide internationale semble en bonne voie. En vertu de cet accord, 18 pays vont immédiatement bénéficier d’une annulation de leur dette envers le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Cette annulation s’élève à 40 milliards de dollars.  Mais cet accord n’a pas empêché la montée de la pression populaire, qui s’est ajoutée à celles des ONG, pour mettre la barre haute pour les pays du G8. Les dix méga-concerts planétaires avaient symbolisé les fortes attentes de l’opinion publique sur la lutte contre la pauvreté. Pour ce qui est du climat, tout dépendra des Etats-Unis qui refusent toujours d’adopter le protocole de Kyoto. En ce sens, le président américain, George W. Bush, a écarté l’idée d’accepter tout protocole similaire à celui de Kyoto. Bush a déclaré que si l’accord proposé par le G8 cette année ressemble à ce protocole, alors la réponse américaine sera non. 
Néanmoins, le dirigeant du pays le plus pollueur du monde a annoncé qu’il insisterait, durant le sommet du G8, les homologues pour faire du développement des énergies alternatives une mesure clé dans la lutte contre le réchauffement climatique. "Les Etats-Unis, pour des raisons de sécurité nationale et de sécurité économique, ont besoin de se diversifier loin des énergies fossiles. Donc nous avons mis en place une stratégie pour cela. J’ai hâte de la partager avec nos amis du G8", avait-il déclaré. Ce discours prononcé au Denmark n’a pas réussi à séduire Stephen Tindale, le directeur de l’organisation écologiste Greenpeace. Ce dernier a jugé qu’il n’y avait rien de nouveau dans les propos de Bush et que les autres dirigeants du G8 devaient insister pour émettre un message fort et clair sur le changement climatique.
Pour assurer la tenue du sommet dans de bonnes conditions, des dizaines de milliers de policiers furent mobilisés. Ceci n’a, par ailleurs, pas empêché certains évènements perturbateurs de se produire. La police avait interdit une manifestation prévue à Auchterarder (Ecosse), localité située près du site de Gleneagles.
Les manifestants ont dénoncé cette interdiction. "Comment peuvent-ils appeler cela une démocratie s’ils ne nous laissent pas prendre part à une manifestation pacifique?", s’est interrogé Marilyn Rooney, 54 ans, venue de la ville écossaise d’Alloa.
Des échauffourées avaient eu lieu un peu plus tôt à Edimbourg entre policiers en tenue anti-émeutes et manifestants qui ont brisé des vitres de voitures et tenté d’établir une barricade sur l’une des principales rues conduisant au site de Gleneagles. Plus d’une centaine de manifestants, dont une majorité d’anarchistes vêtus de noir, étaient venus du camp de Stirling dans le centre de l’Ecosse où sont rassemblés quelque 5.000 anarchistes, altermondialistes et antinucléaires.
C’est ainsi que dans un climat un peu tendu que s’est ouvert le sommet des huit pays les plus industrialisés. Ce sommet aboutira-t-il ou non aux attentes escomptées ? La réponse est une question de temps.

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