Israël, encore un crime d’Etat

Israël, encore un crime d’Etat

Il était considéré comme le chef de file du courant le plus dur au sein du mouvement islamiste palestinien, Hamas. Né le 23 octobre 1947 à Yebna, un village alors arabe situé dans ce qui allait devenir l’Etat d’Israël, au nord de la bande de Gaza, Abdelaziz Rantissi est donc l’un des plus de 700.000 réfugiés palestiniens de 1948, lors du conflit consécutif à la création de l’Etat hébreu, après avoir été chassé avec sa famille qui comptait douze enfants, en direction de la bande de Gaza. Rantissi a donc passé ses premières années dans le camp de réfugiés de Khan Younès. Eduqué dans une école de l’Agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), il part en 1965 en Egypte pour étudier la médecine.
En 1971, il revient à Khan Younès en tant que pédiatre. Très engagé politiquement, sa vie devient rythmée par les ennuis avec les autorités militaires israéliennes.
En 1982, il passe ainsi trois semaines en prison pour avoir refusé de payer ses impôts. Deux ans plus tard, il est chassé de son travail à l’hôpital de Khan Younès par l’administration militaire israélienne. Il était l’interlocuteur privilégié de la presse internationale en raison de sa parfaite maîtrise de la langue anglaise qu’il a apprise lors de ses études universitaires en Alexandrie. Fougueux discoureur, M. Rantissi était rapidement devenu l’un des leaders du Hamas les plus en exergue. La principale tournure dans sa vie politique aura lieu en 1987, date de la création du Mouvement de la Résistance Islamique, Hamas, dont il est le cofondateur avec le Cheikh Ahmed Yassine, assassiné également par Israël le 22 mars dernier. Un Mouvement qui adopte un peu l’idéologie des Frères musulmans. Membre de sa direction depuis décembre 1987, M. Rantissi était déjà considéré, du vivant de Yassine, comme le numéro deux de l’organisation dans les territoires occupés.
En 1992, il est expulsé par l’Etat hébreu au sud Liban avec 400 autres cadres du Hamas et du Jihad islamique, l’autre mouvement radical. A son retour, il est de nouveau arrêté par les Israéliens et emprisonné jusqu’à 1997. Il était dans la même cellule que Cheikh Yassine en Israël. Même l’autorité palestinienne le mettra à plusieurs reprises sous les verrous pour une durée totale de 27 mois. Abdelaziz Rantissi était devenu le chef du Hamas dans les territoires palestiniens après l’assassinat de Yassine à Gaza Il a échappé miraculeusement à plusieurs tentatives d’assassinat menées par le gouvernement israélien dont la plus spectaculaire est celle du 10 juin 2003 à Gaza. Des hélicoptères avaient tiré cinq missiles contre le véhicule dans lequel il se trouvait avec un de ses fils, Ahmed, et deux gardes du corps. L’attaque avait fait deux morts, une femme et un enfant, mais M. Rantissi n’avait été que légèrement blessé à une jambe. Depuis, il ne se déplaçait que rarement, observant des mesures draconiennes de sécurité se sachant en haut de la liste des assassinats préparés par le gouvernement israélien.
Jusqu’à samedi dernier, lorsque plusieurs roquettes ont été tirées d’un ou de deux hélicoptères, sur la voiture du chef du Hamas pendant qu’elle circulait sur la rue Khalil Al Wazir dans le nord de Gaza. Touchée de plein fouet, la Subaru blanche de Rantissi a été pulvérisée et totalement calcinée. Six passants qui se trouvaient à proximité ont été blessés. M. Rantissi était marié et père de six enfants, quatre filles et deux garçons.

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