Israël multiplie ses incursions

L’armée israélienne, qui a occupé pendant une vingtaine d’heures Beit Hanoun a détruit à l’explosif quatre bâtiments abritant les locaux du mouvement de Yasser Arafat, le Fatah, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ainsi que deux écoles, et capturé 17 Palestiniens. Elle a aussi lancé des incursions dans la localité voisine de Beit Lahia, le camp de réfugiés de Maghazi (centre) et la localité de Deir al-Balah, où elle a tué trois policiers palestiniens dans leur casemate et saisi des armes. Des chars israéliens ont pénétré à nouveau à Deir al-Balah en soirée.
Plusieurs milliers de Palestiniens, dont quelque 500 partisans du Hamas ont crié vengeance aux funérailles des trois policiers tués à Deir al-Balah. Pour sa part, le général Abdelrazek Al-Majaïda, chef de la Sécurité publique dans la bande de Ghaza a mis en garde Israël « en garde contre cette agression et cette escalade qui ne contribueront pas à assurer sa sécurité et minent les efforts internationaux pour un cessez-le-feu ».
Washington et Londres ont exhorté Yasser Arafat à en faire davantage pour réprimer la violence. Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a précisé avoir reçu de lui «une lettre il y a trois jours, acceptant une responsabilité, pas une responsabilité personnelle mais en tant que président de l’Autorité palestinienne» pour un trafic d’armes intercepté par Israël en mer Rouge en janvier. M. Arafat s’est engagé à ce qu’un tel trafic ne se reproduise pas, a poursuivi M. Powell, ajoutant : « Nous voulons en voir davantage concernant l’arrestation de terroristes connus et de meurtriers ».
Jack Straw, le ministre britannique des Affaires étrangères, a abondé dans ce sens, après des entretiens à Al-Qods avec les ministres israéliens de la Défense Binyamin Ben Eliezer et des Affaires étrangères Shimon Peres. Straw a estimé qu’en premier lieu, l’Autorité palestinienne devait « réprimer le terrorisme en provenance des territoires palestiniens ».
Il devait passer le relais jeudi au chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer, l’Union européenne cherchant à ouvrir des perspectives pour sortir de la crise.
Londres et Berlin ont dépêché leurs ministres des Affaires étrangères au Proche-Orient, soutenus dans cette démarche par l’ensemble de l’Union européenne qui veut redonner une perspective politique, et non plus uniquement sécuritaire, à la sortie de la crise dans la région. Les Quinze estiment que l’impasse constatée depuis plusieurs mois entre Israéliens et Palestiniens sur les aspects sécuritaires, et sur lesquels insistent toujours Tel-Aviv et Washington, ne peut plus durer.
Cette volonté de l’UE de tenter de sortir le Proche-Orient du blocage intervient à un moment où les relations entre les Etats-Unis et l’Europe se teintent d’incompréhension et d’exaspération.

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