Israël veut devenir un carrefour pétrolier

Israël veut devenir un carrefour pétrolier

Israël ambitionne de devenir un carrefour pour le transport du pétrole brut du Caucase vers l’Extrême Orient via un oléoduc reliant son port méditerranéen d’Ashkelon à celui d’Eilat en mer Rouge.
«Nous menons une initiative internationale pour transporter depuis le port turc de Ceyhan du pétrole brut provenant d’Azerbaïdjan et de Georgie vers l’extrême-Orient via notre oléoduc», a affirmé jeudi à l’AFP Dana Lavi, porte-parole de la Eilat-Ashkelon Pipeline Company (EAPC). Un protocole d’accord doit être signé dans les trois mois avec l’appui d’un consortium international de sociétés spécialisées dans l’énergie et le transport maritime, a-t-elle ajouté.
Un oléoduc de 1.760 km de long relie déjà les réserves pétrolières de la mer Caspienne et Ceyhan, dans le sud de la Turquie, qui est considérée comme le principal allié stratégique régional d’Israël. Le projet prévoit que le pétrole brut soit transporté par des super-tankers de 250.000 tonneaux effectuant la navette entre Ceyhan et Ashkelon, puis écoulé par oléoduc jusqu’à d’autres super-tankers de 280.000 à 310.000 tonneaux en rade à Eilat qui devront le livrer notamment en Inde, au Japon et en Chine. Des travaux d’infrastructures financés par des sociétés indienne et turque pour un coût de 200 à 300 millions de dollars seront engagés pour stocker le pétrole à Ceyhan, et un investissement de 60 à 80 millions de dollars doit améliorer les capacités de stockage à Ashkelon. L’EAPC est une société privée israélienne, dont le gouvernement iranien est un partenaire dormant depuis la chute du Shah en 1979. Avant cette date, l’Iran était le principal fournisseur de pétrole d’Israël.
Depuis, pour les Israéliens, l’Iran est devenu le principal ennemi stratégique, son président Mahmoud Ahmadinejad menaçant régulièrement de « rayer de la carte » leur pays.
L’oléoduc Ashkelon-Eilat servait initialement dans le sens inverse pour l’acheminement du pétrole brut iranien vers les raffineries de Haïfa, dans le nord d’Israël.
Il peut aujourd’hui assurer le transit de 20 millions de tonnes de pétrole brut par an, et sa capacité pourrait très rapidement doubler, selon l’EAPC.
Lors d’un récent essai, la cargaison d’un super-tanker parti de Ceyhan a été livrée en moins de 5 jours à Eilat. En contournant ainsi le canal de Suez, par lequel seuls des bâtiments n’excédant pas 130.000 tonnes peuvent transiter, pas moins de 4 dollars par tonne de pétrole ont été épargnés par les acheteurs en Extrême-Orient.
«C’est considérable (…) surtout quand on sait que les prix du pétrole flambent», a souligné Mme Lavi. Selon le général de réserve Oren Shahor, PDG de l’EAPC, «grâce à ce circuit, Israël deviendra un centre de transit, et cela révolutionnera le marché de l’énergie tout en réduisant la dépendance du monde vis-à-vis des pays du Golfe ». Des négociations israélo-turques sont par ailleurs en cours pour la construction de quatre immenses conduites sous-marines en Méditerranée qui permettront d’acheminer sur 460 km entre Ceyhan et Haïfa du gaz naturel, de l’eau, de l’électricité et des informations par fibres optiques. Selon le ministère israélien des Infrastructures, ce projet, appelé « Med-Stream », porte sur des investissements de 2 à 4,5 milliards de dollars et devrait être achevé d’ici 2013.
Le géant gazier russe Gazprom dessert déjà la Turquie par le gazoduc sous-marin «Blue Stream», et a indiqué vouloir utiliser ce pays comme tremplin pour fournir aussi l’Italie, la Grèce et Israël.


• Charly Wegman  (AFP)

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