La députée Hirsi Ali démissionne pour avoir menti et quitte les Pays-Bas

Ayaan Hirsi Ali, une amie du cinéaste assassiné Theo Van Gogh qui a reçu de nombreuses menaces de mort, a déclaré dans une interview du New York Times qu’elle abandonnerait son mandat parlementaire et allait accélérer son départ déjà prévu des Pays-Bas.

La députée est la scénariste du film "Submission", un film critiquant l’islam et réalisé par Theo Van Gogh. Ce cinéaste a été assassiné à Amsterdam  en novembre 2004. Sur son corps, son assassin avait planté une note où il menaçait Ayaan Hirsi Ali de subir le même sort.

Selon des médias néerlandais, la députée libérale devrait s’installer aux Etats-Unis où elle a trouvé un emploi dans un centre de recherches idéologiquement proche des néo-conservateurs.

L’annonce officielle de cette démission est attendue mardi à 13h30 heure locale (11h30 GMT) lors d’une conférence de presse où Ayaan Hirsi Ali devait s’exprimer.

Au coeur d’une polémique pour avoir menti lorsqu’elle a demandé l’asile  politique aux Pays-Bas en 1992, la députée pourrait être privée de sa  nationalité néerlandaise obtenue en 1997, a déclaré lundi soir la ministre de l’Immigration Rita Verdonk.

Ayaan Hirsi Ali a été prise dans la tourmente la semaine dernière après un documentaire de la télévision publique retraçant son parcours d’exilée  politique.

Le film mentionnait ce qu’Ayaan Hirsi Ali avait déjà évoqué plusieurs fois elle-même : lorsqu’elle est arrivée aux Pays-Bas en 1992, la future députée a menti en remplissant le document de demande d’asile.

La Cour suprême de justice des Pays-Bas a déjà retiré la nationalité à des personnes dans des cas similaires.

Ayaan Hirsi Ali a admis avoir donné un faux nom et une fausse date de naissance. Elle aurait aussi indiqué dans sa demande d’asile qu’elle fuyait directement la guerre en Somalie alors qu’elle est arrivée du Kenya, où elle vivait avec sa famille et bénéficiait d’un statut de réfugiée.

La députée a indiqué au New York Times qu’elle avait fui pour échapper à un mariage forcé. "Maintenant, je suis critiquée pour avoir menti mais cela fait des années que je l’ai avoué", a-t-elle ajouté.

Hirsi Ali, qui vit sous protection des autorités néerlandaises armée jour et nuit, a déclaré que l’idée de perdre la nationalité néerlandaise la laissait "sans voix".

Elle se définit comme une "dissidente de l’islam" qui critique les  enseignements islamiques sur les femmes, les homosexuels, les apostats et les adultères.

Après cet assassinat, la députée s’est réfugiée aux Etats-Unis. A son  retour, elle a emménagé dans un appartement de l’Etat néerlandais à La Haye placé sous haute protection.

Mais ses voisins, inquiets de leur propre sécurité, ont obtenu le mois  dernier devant la justice qu’elle déménage.

Dans des interviews, Ayaan Hirsi Ali a déclaré que c’était en partie pour cette raison qu’elle voulait partir vivre aux Etats-Unis, bien avant que la polémique n’enfle.

Elle a également déclaré qu’aux Etats-Unis, elle n’aurait pas besoin d’une protection aussi rapprochée.

Des médias néerlandais ont rapporté lundi qu’elle avait trouvé un poste à l’American Entreprise Institute, un centre de recherche dont sont issus  plusieurs membres de l’administration du président américain George Bush.

Selon eux, Ayaan Hirsi Ali aurait trouvé un accord avec les autorités  américaines au sujet de sa sécurité.

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