La difficile reprise des pourparlers de paix

Les Etats-Unis ont pesé de tout leur poids pour obliger Israéliens et Palestiniens à revenir autour de la table des négociations. Les pourparlers avaient été suspendus par Mahmoud Abbas au lendemain du déclenchement de l’opération «Hiver chaud» à Gaza. L’intervention de l’armée israélienne dans la région autour du camp de réfugiés de Jebalyah avait fait une centaine de morts, dont plusieurs civils, côté palestinien et conduit l’un des négociateurs de l’Autorité palestinienne, Saëb Erekat, à affirmer que les «discussions étaient enterrées sous les décombres des maisons de Gaza».
La visite effectuée, début mars, par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en Israël et dans les territoires palestiniens a permis d’envisager la reprise, dès cette semaine, des discussions. Une reprise largement facilitée par la discrète médiation égyptienne, sous l’égide du général Omar Soleïman, chef des services secrets égyptiens, en vue de la conclusion d’une trêve tacite entre le Hamas et Israël. Même si les deux parties nient avoir signé le moindre accord, l’accalmie observée à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, après des semaines d’affrontements, montre que Le Caire a obtenu un indéniable succès diplomatique, à quelques jours de la réunion à Damas du Sommet de la Ligue arabe.
Hostile au déclenchement d’une opération terrestre d’envergure à Gaza, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a réaffirmé sa volonté de parvenir à un accord de paix avec l’Autorité palestinienne.
Non sans être virulemment critiqué par l’extrême droite israélienne qui a tiré prétexte de l’attentat commis le 6 mars contre une école talmudique de Jérusalem ( 8 morts), la yeshiva Merkaz Harav, pour réclamer l’interruption du processus de paix.
L’attentat visait effectivement une institution phare du mouvement sioniste religieux et son auteur, un résident arabe de Djebel Moubaker, une banlieue de Jérusalem, avait sélectionné soigneusement sa cible. De nombreux observateurs estiment que, loin d’avoir agi isolément, il aurait été manipulé par le Hezbollah libanais qui souhaite venger la mort de son secrétaire général adjoint, Imad Moughniyeh, tué dans l’explosion de sa voiture à Damas.
L’attentat de Jérusalem aurait eu pour objectif principal de provoquer une radicalisation du courant sioniste religieux et d’obliger le parti ultra-orthodoxe Shass de quitter la coalition gouvernementale, privant celle-ci d’une majorité à la Knesset, le Parlement israélien. De fait, le directeur de la yeshiva Merkaz Harav, le rabbin Yaakov Shapira, a réagi de manière virulente, en exigeant la démission d’un gouvernement à ses yeux «dépravé» et son remplacement par une équipe constituée de partisans du Grand Israël et de la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie.
Des hommes peu enclins à reconnaître la légitimité des aspirations nationales et étatiques palestiniennes, et qui, paradoxalement, partagent avec le Hamas et le Hezbollah la même tendance à nier l’existence de l’Autre, voué à l’annihilation.
C’est contre ce double «front du refus» que l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien ont décidé de lutter en reprenant leurs discussions dans un climat difficile.
Il s’agit essentiellement de réaffirmer l’attachement des deux parties au processus de paix initié par la Conférence d’Annapolis et par leur engagement de parvenir à un accord définitif avant le départ de George Bush de la Maison-blanche en janvier 2 009.
Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas sont conscients qu’il n’existe pas d’alternative à ce choix, si ce n’est le déclenchement d’une nouvelle Intifada qui porterait un coup mortel ou presque aux efforts du camp arabe modéré pour parvenir à une solution du conflit israélo-arabe.

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