La grippe aviaire, un drame mondial

La grippe aviaire, un drame mondial

La grippe aviaire prend des proportions que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a développées dans la mise au point d’un plan de prévention à l’échelle mondiale, en exigeant «la transparence et la collaboration entre tous les pays». La France veut aller encore plus loin, au-delà de tous les pays européens, dont la majorité des responsables prend des mesures. Dominique de Villepin a réuni tous les ministres concernés pour faire « longuement le point sur les nouvelles mesures à placer face à l’arrivée de foyers de grippe aviaire, confirmés en Turquie» (voir Le Figaro des samedi et dimanche 15-16 octobre 2005). Le journal Le Figaro ne cite que la Turquie, mais il oublie la Roumanie, voire même un village de Hollande où se sont déclarés des foyers d’infection du virus asiatique H5N1.Personne n’a interdit les voyages dans ces pays, mais nul en Europe n’autorise la vente de volai1les vivantes de cette provenance.
Les ministres de la Santé des pays européens considèrent, pourtant, que la consommation de poulet, pour 1’heure, est sans danger. Ils recommandent de se faire vacciner contre la grippe. Des millions de doses de vaccins Tamiflu de la société Roche (Suisse) sont commandées. Des mois passeront avant que ces médicaments soient livrés, devant l’explosion de la demande mondiale. La France seule est à 660 millions d’euros (6 milliards de dirhams) de commande ferme …
Au-delà de la peur asiatique et européenne, l’OMS essaie de calmer un début de panique. Les dirigeants de cette organisation mondiale rappellent que le virus H5Nl est apparu en Thaïlande depuis fin 2003, par une mutation dangereuse qui passe de l’animal à l’homme, _ comme le virus du sida est passé du singe à 1’homme. Des millions de volatiles malades sont exterminées en Asie du Sud-Est, où déjà 60 personnes sont mortes contaminées. Mais, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun cas de transmission de virus de la grippe aviaire entre hommes. La crainte reste qu’elle «s’humanise» et devienne transmissible par voie respiratoire (d’où les masques) ou autre, d’homme à homme: cela est actuellement le cas pour le sida, qui représente une transmission, au détriment de millions d’hommes et de femmes, dans le monde entier… Il faut éviter une telle éventualité, encore incertaine, bien que les critiques du vaccin Tamiflu de Roche citent le cas d’une petite fille qui a transmis la grippe aviaire à son frère avant de mourir. La peur reste une épidémie à l’échelle de la grippe espagnole qui fit 50 millions de victimes en 1918.
La mobilisation mondiale est à présent indispensable, compte tenu des moyens mondiaux dans le domaine épidémique. C’est pourquoi, Le Figaro du samedi-dimanche dernier consacre son éditorial à cette crise, sous le titre «En toute précaution».
Le quotidien français n’hésite pas à écrire : « Si on ne sait pas tout de la grippe aviaire, il est une chose dont on est sûr: tous les pays, toutes les institutions internationales sont avertis de la menace d’une pandémie qui pourrait causer la mort de millions d’individus dans le monde. Autrement dit, aucun gouvernement ne pourra dire qu’il ignorait le risque». «Cela pose, ajoute l’éditorial du Figaro, chaque citoyen a le droit de redouter le pire, d’imaginer les écoles et les entreprises fermées, les transports publics arrêtés, les hôpitaux pris d’assaut, les morgues débordées. Un univers d’apocalypse dans lequel, partout, la mort rôderait. Au XXIème siècle, donc, les peurs ont parfois la même ampleur qu’au Moyen Age ».
« Qu’en sera-t-il si, un jour, l’Afrique est affectée? », écrit plus loin Le Figaro. L’Afrique, c’est également le Maroc. Les responsables, sans leur demander de déclarer, déjà, le virus H5N l, pourraient-ils au moins tenir compte de la catastrophe possible annoncée par les experts?
Le Maroc a 30 millions d’habitants. Il élève plus de 8 millions de poulets par semaine, en particulier, tous originaires d’Europe par les producteurs de «poussins d’un jour» de France et d’Espagne. Peut-on éviter la contamination de nos poulets en interdisant les poulets producteurs européens des «poussins d’un jour»? Peut-on en éviter l’extermination, et avant tout au niveau des reproducteurs de «poussins d ‘un jour» parce qu’il n’existe ni Police d’assurance contre les désastres agricoles et encore moins des subventions contre ces dégâts?
Certes, les bandes de volatiles venant d’Asie, à travers l’Europe, traverseront une partie de l’Afrique du Nord (le Maroc, l’Algérie et la Tunisie), survoleront la Mauritanie et arriveront au Sénégal, d’où elles reviendront à nouveau pour refaire le même vol, en survolant les mêmes pays jusqu’en Asie du Sud-Est. A l’aller, il est indispensable d’imaginer une importation à partir du continent américain (Canada, USA, Amérique Centrale ou Amérique du Sud), d’œufs de «poussins d’un jour », à couver au Maroc, et à élever en poulet de chair, dans un contrôle moderne, sans risque? Encore faut-il, évidemment, une collaboration totale de la RAM pour cette importation des pays lointains d’Amérique. Ne doit-on pas, avec l’aide de l’Office vétérinaire, entreprendre, sans tarder, l’installation de plusieurs centres d’élevage de «grands parentaux» qui donneraient des poussins-reproducteurs, et couperaient donc, ainsi, tout lien avec l’extérieur? L’avenir serait ainsi définitivement garanti pour les poulets de chair consommés par 1’homme. En attendant, que doit-on faire pour contrôler des volatiles venus d’Asie à travers l’Europe? Si tout cela est difficile, et si la maladie mortelle est transmise d’homme à homme, il ne restera que l’espoir dans le vaccin, que seule l’OMS peut fournir en quantité suffisante… Et les premiers seront les mieux servis gratuitement…

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