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La traque continue

Quelques heures après avoir capturé Marwan Barghouthi, Ariel Sharon a tenu à préciser que le chef du Fatah en Cisjordanie serait «traduit devant un tribunal israélien» pour répondre «du meurtre de centaines d’Israéliens». «Sa capture est un succès très important, sans doute parmi les importants de notre opération militaire en cours», a ajouté lundi soir le premier ministre israélien à la radio militaire.
Barghouthi est devenu le plus haut dirigeant du Fatah arrêté par Israël depuis le début de l’opération dite «rempart», le 29 mars. Il rejoint les 4.200 autres Palestiniens prisonniers et pour lesquels l’Etat hébreu a rouvert le centre de détention de Ketziot, dans le désert. « Marwan Barghouthi a fait de l’organisation Tanzim, qui fait partie du Fatah et dépend d’Arafat, le groupe terroriste le plus meurtrier de la période récente », a déclaré lundi soir le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben-Eliezer. L’Autorité palestinienne a quant à elle mis en garde l’Etat hébreu contre toute atteinte à la vie de Barghouthi. Le principal négociateur Saeb Erekat, a averti que « toute atteinte à Barghouthi aurait de graves conséquences », et que le présenter devant un tribunal israélien « violerait les accords intérimaires israélo-palestiniens ».
Ariel Sharon a par ailleurs déclaré que son armée pourrait se retirer d’ici une semaine des villes de Cisjordanie, mais que ce retrait pourrait prendre plus de temps à Ramallah, où Yasser Arafat est assiégé, et à Beit Lahm… Où elle vient de concéder l’évacuation de deux Palestiniens blessés de l’église de la Nativité encerclée depuis deux semaines. La fin de l’occupation pourrait donc concerner Naplouse et Jénine, tombées la semaine dernière dans des conditions plus que douteuses. Ce qui n’a pas empêché, ce mardi, l’armée israélienne de réoccuper quelques heures durant la ville autonome de Tulkarem (Nord de la Cisjordanie). Ville qu’elle avait pourtant évacuée le 9 avril dernier. Des chars, appuyés par les tirs d’hélicoptères de combat, y ont pénétré dans la nuit, et y sont restés le temps de procéder « à des arrestations et non à une réoccupation de la ville ». Mardi matin, des unités d’infanterie ont également pénétré pour la première fois depuis le début de l’agression, dans le camp de réfugiés d’Askar près de Naplouse. Les soldats y ont effectué des perquisitions pour « tenter d’arrêter des Palestiniens recherchés ».
Des hélicoptères ont même tiré à la mitrailleuse durant l’opération blessant un homme de 55 ans, alors que, selon plusieurs témoignages, les quelque 13.000 habitants n’ont pas opposé de résistance. Lors d’une autre opération, 15 civils ont été arrêtés dans la ville de Naplouse, dont des journalistes et des responsables politiques, selon des membres de leur famille. Ce mardi enfin, l’armée israélienne est aussi entrée dans cinq faubourgs palestiniens de Jérusalem : Abou-Dis, Al-Isawiya, Al-Eyzariya, Ar-Ram et As-Sawahira. Elle y a aussitôt imposé un important dispositif militaire et un couvre-feu, confinant des dizaines de milliers d’habitants chez eux. Plusieurs milliers d’hommes ont enfin été déployés dans le centre des principales villes le long de la «ligne verte» qui sépare la Cisjordanie du territoire israélien, ainsi que dans les autobus. Des mesures prises pour «empêcher de nouveaux attentats-suicide», selon l’armée israélienne qui affirme disposer de renseignements sur de tels projets en cours.

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