Le CICR tire la sonnette d’alarme

La crise alimentaire risque d’aggraver le sort des millions de personnes victimes de conflits armés dans le monde, met en garde le Comité international de la Croix-Rouge, qui s’engage à maintenir une aide à 52 pays. Dans son rapport annuel, le CICR indique qu’il accroît ses distributions d’aide alimentaire au Yémen et en Somalie, où l’envolée des prix des denrées alimentaires de base pénalise lourdement les plus défavorisés.
«La récente flambée des cours des carburants et des produits alimentaires rend encore plus pénible la vie des plus pauvres, qui ont déjà du mal à supporter les répercussions des guerres et des violences intérieures», explique le président du CICR, le Suisse Jakob Kellenberger, dans un communiqué accompagnant le rapport. Le CICR a dépensé l’an dernier 919 millions de dollars pour des actions d’urgence dans les points chauds du globe, y compris en Irak et au Soudan où les infrastructures de base, dont les soins de santé, n’existent pratiquement plus.
A l’échelle mondiale, il pilote des projets sanitaires et hydrauliques qui ont bénéficié à plus de 14 millions de personnes. Il est venu en aide à des projets de santé qui ont permis de soigner près de 2,9 millions de malades en 2007.
Au Darfour soudanais, théâtre depuis 2003 d’une guerre civile et d’exactions à grande échelle, le CICR est l’une des rares organisations humanitaires à opérer dans les régions les plus reculées. Il compte ainsi plus de 1.500 travailleurs humanitaires au Soudan. Ce pays est resté en 2007 la plus importante opération individuelle du CICR dans le monde pour la quatrième année consécutive, avec un budget de 92 millions de dollars. Le CICR envoie par ailleurs des antennes chirurgicales mobiles dans les zones les plus dangereuses du Tchad et du Soudan et creuse des puits dans des villages en Afghanistan ainsi qu’en Somalie notamment pour fournir aux populations civiles de l’eau potable dans des conditions sûres. Enfin, le CICR a effectué des visites dans 2.400 centres de détention dans le monde l’an dernier abritant plus d’un demi-million de personnes, y compris dans la base navale américaine de Guantanamo à Cuba, en Irak et en Afghanistan. «Le but de ces visites, fondées sur un dialogue confidentiel avec les détenus et leurs geôliers, consiste à empêcher la disparition ou le mauvais traitement de ces détenus et de s’assurer qu’ils jouissent de conditions de détention décentes», précise le CICR dans son rapport.

• Stephanie Nebehay (Reuters)

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