Le cyclone Dean frappe la Jamaïque

L’ouragan Dean, qui a déjà fait neuf morts dans les Caraïbes, a balayé la côte sud de la Jamaïque avec des vents dépassant les 230 km/h avant de
poursuivre sa route vers l’ouest. Le gouvernement jamaïcain, qui a imposé un couvre-feu de 48 heures et des patrouilles de la police et de l’armée pour empêcher des pillages, a également proclamé l’état d’urgence pour un mois. L’alimentation en électricité a été coupée à titre de précaution. De fortes pluies ont frappé l’île et des glissements de
terrain ont été signalés dans des villes situées au nord la capitale. A Kingston, la capitale, un homme est porté disparu après la chute d’arbres déracinées sur sa maison. Des policiers ont par ailleurs blessé par balles deux personnes qui tentaient de s’introduire par effraction dans un bâtiment. Les autorités ont ouvert des centres d’hébergement et engagé la population à quitter les zones peu élevées pour se mettre à l’abri.  D’après les médias jamaïcains, 17 pêcheurs sont bloqués sur Pedro Cays, une petite île située en pleine mer à quelque 80 km au sud de Kingston et en plein sur le parcours de Dean.  Ouragan «extrêmement dangereux» de catégorie 4, Dean pourrait, selon le Centre national des ouragans des Etats-Unis (NHC) passer à bref délai dans la catégorie 5, la plus élevée, près de la péninsule mexicaine du Yucatan. Certains habitants des terres basses proches de Kingston refusaient de partir. «Nous n’irons nulle part», affirmait Byron Thompson à Port Royal, ville fondée par le pirate Henry Morgan au XVIIe siècle. «Si vous passez par ici plus tard dans la journée, vous me verrez boire du rhum dans ce bar avec quelques amis». La campagne électorale pour les législatives du 27 août a été interrompue. Le Premier ministre Portia Simpson Miller devait réunir d’urgence son gouvernement pour discuter de l’impact potentiel du passage de l’ouragan sur la tenue du scrutin. A 03h00 GMT lundi, l’oeil de Dean se situait à 215 km à l’ouest-sud-ouest de Kingston et ses vents atteignaient 230 km/h. Il se déplace vers l’ouest à la vitesse de 30 km/h.
Des avis d’alerte à l’ouragan ont aussi été lancés pour les îles Caïman et certaines régions d’Haïti. Une alerte à la tempête tropicale a été émise pour une partie de Cuba et la République dominicaine. Le long du littoral mexicain de la mer des Antilles, dans le Yucatan, des milliers de touristes inquiets attendaient dans les aéroports avec l’espoir de quitter la région avant l’arrivée de Dean, prévue lundi ou mardi. Quatre personnes ont été tués en Haïti, où plusieurs centaines d’habitations ont été détruites par des coulées de boue, selon l’ONU. Ces décès portent à au moins neuf morts le bilan du passage de Dean, premier cyclone de la saison, arrivé vendredi dernier à la Martinique et à Ste-Lucie, dans les Petites Antilles. La compagnie pétrolière mexicaine Pemex a commencé à évacuer 13.360 employés de ses plates-formes en prévision de l’arrivée de l’ouragan.
 Dans les Antilles françaises, Dean a provoqué d’importants dégâts à la Martinique et à la Guadeloupe. En Martinique, l’ouragan a fait deux morts et six blessés. Une femme de 76 ans a été découverte morte à son domicile samedi. Un homme de 90 ans était décédé la veille d’une crise cardiaque. L’ouragan a détruit la quasi-totalité des plantations de bananes et ravagé 70% des cultures de canne. L’Union des producteurs de bananes des deux îles a estimé que les dégâts à l’agriculture coûteraient entre 100 et 120 millions d’euros. Les ouragans de catégorie 5 étaient rares jusqu’en 2005. Cette année-là, quatre d’entre eux s’étaient formés, dont Katrina qui a ravagé La Nouvelle-Orléans et Wilma, l’ouragan le plus puissant jamais observé, qui avait frappé le Yucatan.

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