Le Liban refuse une invitation libyenne envoyée via Damas

Beyrouth a refusé une invitation adressée par la Libye via l’ambassade du Liban à Damas pour participer au prochain Sommet arabe à Tripoli, pour des raisons d’ordre «administratif», a annoncé lundi le ministère libanais des Affaires étrangères. «L’ambassade du Liban à Damas a renvoyé une invitation de l’ambassade de Libye (dans la capitale syrienne) car elle n’est pas habilitée à la recevoir d’un point de vue administratif», a précisé dans un communiqué le service de presse du ministère. Cette annonce intervient sur fond d’un vieux contentieux entre Tripoli et Beyrouth autour de la disparition mystérieuse d’un imam chiite libanais, Moussa Sadr. Vendredi, un responsable gouvernemental a affirmé à l’AFP que le président libanais Michel Sleimane n’allait pas participer au Sommet arabe, prévu les 27 et 28 mars, «en raison d’une demande faite par le président du Parlement Nabih Berri», chef du mouvement chiite Amal qui avait été fondé par Moussa Sadr. Cet imam a été vu pour la dernière fois en août 1978 alors qu’il se trouvait en Libye avec deux de ses proches. En 2008, la justice libanaise a inculpé le numéro un libyen Mouammar Kadhafi pour la disparition de l’imam et demandé son arrestation. Beyrouth n’a pas encore décidé du niveau de représentation pour ce sommet et M. Berri avait affirmé début février qu’il était pour son boycottage. La Libye avait fermé en 2003 son ambassade à Beyrouth pour protester contre les accusations formulées à son égard, sans pour autant rompre ses relations diplomatiques avec le Liban. Beyrouth est représenté par un chargé d’affaires à Tripoli. La Libye a toujours affirmé que l’imam avait quitté la Libye pour l’Italie, qui maintient que Moussa Sadr n’est jamais entré sur son territoire. En 2004, Rome avait cependant remis au Liban un passeport retrouvé en Italie et qui appartenait à l’imam.Moussa Sadr était considéré comme un dirigeant charismatique qui a permis à la communauté chiite libanaise de passer d’une minorité pauvre et marginalisée à une force incontournable sur la scène libanaise.

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