Le paradis de l’opium

Le paradis de l’opium

L’Algérie est-elle en phase de devenir un grand producteur de drogues ? En tout cas, la découverte samedi dernier par la gendarmerie algérienne d’une importante plantation d’opium et de cannabis dans le sud du pays rend une telle hypothèse de plus en plus probable. Selon les chiffres des autorités algériennes, la plantation, découverte dans la commune de Talmine, dans la région d’Adrar (1.500 km au sud d’Alger), contenait 43.000 plants d’opium et 500 plants de cannabis. L’information, relayée par certains journaux algériens, est passée presque inaperçue. Tout d’abords parce que ce n’est pas une première. En effet, à Ksar Yahia Idris, toujours dans la région d’Adrar, la gendarmerie avait découvert, le 23 avril dernier, plusieurs autres plantations de stupéfiants sur une superficie totale de 15 hectares. L’opération avait permis l’arrestation de six personnes, selon la gendarmerie, qui précise que «8.224 plants d’opium, 180 kilos de la même substance et 6.260 autres plants de cannabis ont été saisis». Auparavant encore, d’autres découvertes de la même nature avaient été faites dans différents endroits et exploitations agricoles, situés dans les wilayas d’Adrar et Bechar (1.000 km au sud-ouest d’Alger), ayant permis la destruction d’un total de 8.073 plants de cannabis et autre pavot somnifère. Ce qui a poussé le journal "L’Expression" de parler déjà du «nouveau royaume du pavot à opium». Ensuite, parce que la question de sécurité continue à alimenter les colonnes de la presse algérienne. La photo de Samir Saïoud, le présumé N°2 d’«Al-Qaïda au Maghreb», l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), tué jeudi dernier au cours d’un accrochage avec l’armée a fait le tour le week-end dernier des Unes des journaux en Algérie. Les opérations de ratissage, durant lesquelles l’armée algérienne déploie d’énormes moyens, n’ont pas réduit de la capacité de nuisance de ce groupe terroriste  Selon plusieurs experts, ce groupe terroriste, à l’instar des autres réseaux terroristes, finance ses opérations en se livrant à toutes sortes de trafics, y compris le trafic de drogues. Dans un pays comme l’Algérie, la culture d’opium pourrait permettre aux groupes armés de devenir une véritable menace dans la mesure où ils trouveront toujours le moyen de se payer les armes et les munitions nécessaires pour leur «guerre sainte».

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