Le Pen candidat et supporter de Sharon

La décomposition du Front national n’aura pas suffi à persuader le leader de l’extrême droite de prendre sa retraite. Bien au contraire, à 74 ans, le revoilà en pleine forme pour une quatrième candidature à la tête de la République française. Si son ambitieux slogan «Le Pen 2002 président» ne risque pas de se concrétiser, le leader FN revient tout de même de loin, et pourrait même égaliser le score du dernier scrutin de 1995 : 15 %… A côté, son frère ennemi fait pâle mine avec seulement 3 % d’intentions de vote. Celui que l’on considérait comme le troisième homme, Jean-Pierre Chevènement, semble même vaciller sous le poids du FN. D’ailleurs, grisé par les sondages, Le Pen se voit déjà au second tour. «Il peut faire mieux» qu’en 1995, insiste son fidèle secrétaire général Carl Lang, donnant sa propre analyse de la situation : «les événements sont en phase avec (ses) idées». Comprenez par là : les amalgames entre immigration et terrorisme, et l’insécurité, les thèmes de prédilection du FN.
Ayant un goût et un don certain pour la provocation, Le Pen n’a d’ailleurs pas pu résister à une dernière tentation avant l’appel aux urnes. Il n’en est certes pas à son premier fracas verbal mais il semblait cette année avoir opté pour une campagne plus «présentable». Chassez le naturel, il revient au galop… Le geste est d’ailleurs symbolique venant d’un homme viscéralement antisémite et révisionniste : Le Pen a accordé un entretien, publié ce vendredi, au quotidien israélien Haaretz. Il y assimile la guerre contre le «terrorisme» menée par Ariel Sharon à celle menée par la France en Algérie de 1954 à 1962. «Durant la guerre d’Algérie, je servais dans la 10ème division du général Jacques Massu. Nous avions été mobilisés pour combattre le terrorisme du FLN. L’intelligentsia en France a critiqué notre action». Et d’ajouter: «je comprends totalement l’Etat d’Israël qui cherche à défendre ses citoyens».
Le leader d’extrême droite a enfin déclaré qu’il «ne souhaiterait pas être à la place d’Ariel Sharon, et encore moins à celle de Yasser Arafat. C’est une situation terrible. Même s’ils sont soutenus par l’Occident, les Israéliens sont seulement quelque millions contre un milliard de Musulmans. Heureusement il n’y aura jamais d’unité islamique. Ils sont tous différents les uns des autres et hostiles les uns aux autres, grâce à Dieu».

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