Les 115 cardinaux enfermés à huis clos pour élire le nouveau Pape

Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées au même moment place Saint-Pierre pour suivre sur deux écrans géants la retransmission en direct par la télévision vaticane de l’entrée en conclave.
Les 115 "princes de l’Eglise" vêtus de pourpre sont arrivés en procession à la chapelle Sixtine peu après 16H30 (14H30 GMT), par ordre de préséance et en chantant la liturgie des saints. Les prélats venus de 52 pays se sont installés à leur place (numérotée et tirée au sort) derrière deux rangées de trois tables. Un par un, ils ont ensuite prêté serment, la main droite posée sur les Evangiles, de garder le secret de leurs délibérations et de faire leur choix sans aucune pression extérieure.

"Extra omnes" (dehors tous) a alors lancé Mgr Piero Marini, maître des célébrations liturgiques, puis les portes de la chapelle Sixtine se sont refermées. Isolés du monde pour un huis clos à la durée inconnue, les cardinaux devaient écouter une ultime prédication avant d’entamer leurs débats.

Conformément à la Constitution apostolique "Universi Dominici Gregis" promulguée par Jean Paul II en 1996, ils pourraient procéder à un premier vote dès lundi soir, mais le texte prévoit la possibilité d’un report à mardi. Ce scrutin permettrait aux deux camps, conservateur et progressiste, de mesurer leurs forces respectives.

Dans la matinée, les cardinaux avaient assisté à une messe "pour l’é , dans une ambiance de recueillement et de réserve donnant un avant-goût de l’élection à venir.

La liturgie a été célébrée par le doyen du collège des cardinaux, l’Allemand Joseph Ratzinger, considéré généralement comme le candidat du camp conservateur.

Il n’a été que modérément applaudi lorsqu’il a condamné, dans son homélie, "la dictature du relativisme qui est en train de s’affirmer, qui ne reconnaît rien comme définitif et qui n’a comme dernière mesure que son propre ego et ses désirs." "Avoir une foi claire selon le credo de l’Eglise est souvent étiqueté comme fondamentalisme, alors que le relativisme, c’est-à-dire le fait de se laisser emporter ici et là par n’importe quel vent de doctrine, apparaît comme la seule attitude à la hauteur des temps d’aujourd’hui", a déclaré le cardinal Ratzinger.

Auparavant, dans une prière en latin, il a demandé à Dieu de donner aux catholiques "un pape accepté pour sa sainteté et entièrement consacré au service de son peuple".

"Dieu connaît déjà le nom du prochain pape. C’est à nous de trouver qui c’est", a déclaré le cardinal italien Ennio Antonelli à la veille du conclave.

L’élection du successeur de Jean Paul II sera annoncée par une fumée blanche, accompagnée pour la première fois par les cloches de la basilique Saint-Pierre.

La seule manifestation visible des délibérations du conclave sera la fumée noire s’échappant deux fois par jour d as de scrutin sans résultat. La fumée blanche annoncera l’élection du nouveau souverain pontife.

Un quorum des deux tiers est nécessaire pour être élu, du moins pour les 33 premiers scrutins (quatre par jour), mais nul n’ose imaginer que le conclave puisse durer aussi longtemps.

Le premier acte public du pape nouvellement élu sera une bénédiction "Urbi et Orbi" (à la ville et au monde) du balcon de la basilique vaticane où il apparaîtra un peu moins d’une heure après la fumée blanche.

Tout est déjà prêt sur ce balcon dont les fenêtres ont déjà été drapées de lourdes tentures de velours cramoisi.

Face aux conservateurs rassemblés autour de Mgr Ratzinger, le "grand électeur" représentant les progressistes partisans d’une plus grande collégialité entre le pape et les évêques, est le cardinal italien Carlo Maria Martini, 78 ans.

Mais le nom le plus cité pour devenir pape est celui de son successeur à l’archevêché de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, 71 ans.

Tous les cardinaux souhaitent une parole forte de l’Eglise sur les questions éthiques, mais les rapports avec les autres religions, le poids diplomatique du Vatican, l’attention portée aux laëcs, le "charisme" du candidat, compteront aussi dans l’élection et laissent la porte ouverte aux surprises.

Patrick Crampont

AFP

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