Les Africains se concertent

La réunion prévue à Abuja, capitale nigériane (Centre), doit rassembler 21 chefs d’Etat et de gouvernement sous les auspices du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), projet officialisé à Abuja en octobre 2001 et relancé par la France et la Grande-Bretagne en février dernier. Souvent comparé au plan Marshall de relance économique conçu pour l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le NEPAD vise à obtenir des investissements annuels de 64 milliards de dollars. Mais pour cela, l’organisation doit impérativement préciser quels sont ses besoins et ses ambitions.
Donc élaborer un programme commun pour faire bloc vis-à-vis des Occidentaux. Le sommet nigérian répond ainsi à une double stratégie. Tout d’abord parce qu’il intervient avant la réunion du G8 (groupe des sept pays les plus riches et la Russie) prévue en juin prochain au Canada. Un rendez-vous qui est censé adopter un plan d’action pour l’Afrique, axé sur la réduction de la dette et la lutte contre le sida qui frappe près de 25 millions d’Africains. Ensuite, les discussions d’Abuja interviennent peu après le sommet de l’ONU, à Monterrey (Mexique), qui a réuni 58 chefs d’Etat et de gouvernement sur la question du financement du développement. Cette réunion avait abouti vendredi dernier à un texte, « le consensus de Monterrey », dont le but est d’accroître l’aide internationale pour les pays qui ont engagé des réformes politiques et économiques. Dimanche, le vice-président sud-africain Jacob Zuma n’a d’ailleurs pas caché les ambitions africaines. « La réunion du G8 en juin au Canada ne doit plus entendre l’Afrique dire qu’elle a un plan de relance de l’économie, mais entendre des programmes concrets et les financements concrets qui doivent être mis en oeuvre », a-t-il plaidé.
Si la question du développement occupe une grande partie de ce sommet, la crise politique au Zimbabwe – deuxième économie d’Afrique australe derrière l’Afrique du Sud – devrait aussi être abordée. La victoire de Robert Mugabe le 11 mars, rejetée par la communauté internationale, risque de mettre le continent en mauvaise posture. Les Etats-Unis ont déjà estimé que l’approbation par certains Etats africains de la réélection du président Mugabe pourrait remettre en cause le soutien de Washington au projet continental. « Il ne fait pas de doute que le Zimbabwe a renforcé les sentiments négatifs à l’encontre de l’Afrique. Les dirigeants africains doivent gérer cette situation », estimait ainsi un diplomate occidental selon lequel « le NEPAD ne peut décoller sans l’aide occidentale ». Les chefs d’Etat du Nigeria – pays hôte -, du Sénégal, du Mali, de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Mozambique, du Cameroun, de la République démocratique du Congo, du Gabon, de l’Ethiopie, de l’île Maurice, du Rwanda, de l’Algérie, de l’Egypte, de la Tunisie et de la Zambie doivent participer au sommet.
Mis à part ces 16 pays membres du NEPAD, la Tanzanie, l’Ouganda, Sao Tome et Principe et le Ghana seront également présents, en tant qu’observateurs, tout comme le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) Amara Essy.

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