Les chantiers de réforme de l’autorité

Mercredi matin, dans un discours télévisé solennel à Ramallah, devant le Conseil législatif (Parlement), le président de l’Autorité palestinienne a déclaré qu’ « il nous faut maintenant réévaluer d’urgence notre politique et nos plans afin de corriger les erreurs ». Il a souhaité également qu’il y ait une « refonte totale de l’Autorité » palestinienne, de ses ministères, de ses administrations et de ses services de sécurité. Et de se dire « déterminé à présenter une refonte totale (..) de l’Autorité, de ses administrations, de ses ministères et de ses services de sécurité pour que nous puissions commencer à rebâtir sur des bases pus solides qui nous permettaient de réaliser nos aspirations nationales d’indépendance et de liberté ».
« La paix demeure notre option stratégique et le restera. Je n’y renoncerai jamais (…) c’est notre intérêt et celui des Israéliens », a-t-il souligné, accusant Israël d’avoir systématiquement torpillé les accords passés dans le cadre du processus lancé à Oslo en 1993. Et d’ajouter que « les opinions publiques palestinienne et internationale sont aujourd’hui convaincues » que les opérations contre les civiles israéliens « non seulement ne servent pas nos objectifs, mais dressent contre nous une grande partie de la communauté internationale qui a créé Israël et lui a fourni argent, armes et protection ». Il a par ailleurs ajouté que s’il y a eu des erreurs, c’est lui « qu’il faut blâmer », ajoutant : « nous allons essayer de réparer ces erreurs ». M. Arafat a aussi demandé au CEOLP de préparer « rapidement » des élections permettant au peuple palestinien d’élire ses dirigeants. Il s’est également prononcé « pour une séparation totale des pouvoirs judiciaire, exécutif et parlementaire » .
Par ailleurs, et concernant Jénine, la préparation du rapport des Nations Unies sur les évènement qui se sont déroulés le mois dernier dans ce camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie est en cours et devrait prendre environ six semaines, a annoncé mardi le porte-parole de l’ONU. Fred Eckhard a indiqué que les lettres demandant au gouvernement israélien et à l’Autorité palestinienne de fournir des informations sur ces faits étaient en cours de rédaction et seraient envoyées « dans les prochains jours ». Ce rapport avait été demandé mardi dernier à une écrasante majorité par l’assemblée générale de l’ONU réunie en session extraordinaire pour débattre de la situation au Proche-Orient.
Les Palestiniens ont accusé les forces israéliennes d’avoir commis des massacres et crimes de guerre lors de leur assaut entre le 3 et le 12 avril contre le camp de Jénine en Cisjordanie. Le porte-parole a averti qu’il n’y aurait pas, avant la communication du rapport par le secrétaire général, «de communication sur l’avancement des travaux».
D’autre part, Amnesty International a accusé Israël d’avoir infligé des mauvais traitements aux palestiniens lors des opérations militaires dans les camps de réfugiés en Cisjordanie, selon un document remis mardi au comité de l’onu contre la torture. Amnesty a en outre considéré que la nature et la gravité de la souffrance infligée par le recours systématique à la destruction de logements sans nécessité militaire absolue, aux bouclages et à l’utilisation de boucliers humains sont telles que ces pratiques peuvent s’apparenter à des actes de torture tels que définis à l’article 1 de la convention contre la torture.
Mardi, le comité de l’ONU contre la torture a décidé, par neuf voix contre une, de recommander au rapporteur chargé du suivi des activités générales du comité, de porter son attention à la situation dans les territoires palestiniens occupés.

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