Liban : le temps de la diplomatie

Liban : le temps de la diplomatie

La diplomatie est parfois aussi subtile qu’inefficace. Petite nuance : le projet de résolution franco-américain pour le Liban ne prévoyait pas un cessez-le-feu, mais une cessation des activités. Petite nuance qui permettrait à Israël de rester sur place après. D’où le refus du Liban et de la Ligue arabe. Alors désormais Paris devrait revoir sa copie ; Washington aussi mais s’impatiente, et la Ligue arabe envoie une délégation à New York. Pendant qu’on scie les mots, au Liban on retire les morceaux de corps, encore ! 
Mardi, six personnes ont été tuées et 28 autres ont été blessées dans deux raids de l’aviation israélienne sur la localité de Ghaziyeh, au sud-est de Saïda, chef-lieu du Liban Sud.
Trois civils ont été tués et cinq autres ont été blessés dans un premier raid vers 14h30 (11h30 GMT) sur deux immeubles distants de 500 mètres du lieu où se déroulaient les obsèques de quatorze personnes tuées la veille dans des bombardements.
Une heure et demie plus tard, un second raid israélien sur un bloc de quatre immeubles a fait 3 morts et 23 blessés dont deux secouristes, selon un premier bilan de la police.
Et de violents combats continuaient d’opposer le Hezbollah à l’armée israélienne au Liban Sud. Deux soldats israéliens ont été tués et cinq autres blessés, au lendemain de la mort de trois militaires et de l’annonce du Premier ministre israélien Ehud Olmert que l’offensive chez son voisin n’avait "aucune limitation". Les troupes affrontaient les combattants du Hezbollah notamment dans le village de Debel, près de Bint Jbeil, considéré comme une place forte du parti chiite. Selon une source militaire, "au moins 15 combattants du Hezbollah ont été tués".
Environ 10.000 soldats opèrent au Liban Sud pour instaurer une zone de sécurité de 6 à 8 km au nord de la frontière israélienne et détruire les lanceurs de roquettes, en attendant l’envoi d’une force internationale de stabilisation prévue dans le projet de résolution franco-américain à l’ONU.
Accentuant la pression sur les habitants restés au Liban Sud, Israël les a avertis qu’il bombardera "tout véhicule circulant au sud de la rivière du Litani", une région incluant la ville portuaire de Tyr, dans des tracts largués par son aviation.Mais malgré 28 jours d’offensive aveugle qui a détruit presque l’ensemble du Liban, le parti chiite continue de tirer à partir du Liban Sud des roquettes sur le nord d’Israël, où 36 civils ont été tués, alors que 63 militaires ont péri depuis le début du conflit.
Les bombardements aériens ont connu un répit après un déluge de feu la veille qui a fait plus de 60 tués au Liban, où plus de 1.060 personnes, en majorité des civils, ont péri depuis le début de l’agression israélienne.
À New York, la délégation arabe dépêchée après une réunion extraordinaire arabe à Beyrouth lundi, devait participer dans la journée à un débat public au Conseil de sécurité de l’ONU et tenter d’obtenir les amendements voulus par Beyrouth à un projet de résolution visant à arrêter quatre semaines de guerre.
Espérant influer sur le débat à l’ONU pour obtenir l’arrêt des hostilités, le gouvernement de Fouad Siniora, qui compte deux ministres du parti chiite, a annoncé qu’il était prêt à reprendre le contrôle du sud du pays, pour la première fois depuis près de 40 ans. Paris et Washington travaillent en vue de retoucher leur projet pour tenir compte des critiques du gouvernement libanais. Et entre-temps la situation humanitaire ne cesse de s’aggraver avec le déplacement de plus de 900.000 personnes par le conflit, qui vivent dans des conditions extrêmes.

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