Londres : Sur la piste des kamikazes

Londres : Sur la piste des kamikazes

Une semaine d’enquête intense aurait permis à la police britannique d’identifier les responsables des attentats de Londres où une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort.
Selon les autorités anglaises, il s’agirait d’une cellule d’Al-Qaïda dont les membres étaient jusqu’à présent inconnus.
Il s’agirait d’hommes âgés de 18 à 30 ans. Trois d’entre eux viennent du Yorkshire Ouest, dans le Nord de l’Angleterre, tandis que le quatrième serait de Luton, ville située au nord de Londres, où vit une importante communauté musulmane. La police aurait trouvé des éléments appartenant aux suspects sur les lieux des attentats. Selon des experts, ce pourrait être le signe qu’ils voulaient être considérés comme des "martyrs" de la nébuleuse extrémiste. Le permis de conduire et une carte de crédit au nom d’un suspect, Hasib Hussain, âgé de 18 ans et originaire de Leeds (nord), ont été retrouvés dans l’épave de l’autobus, qui a explosé à Tavistock Square. Un autre suspect, Shehzad Tanweer, 22 ans, est lui aussi originaire de Leeds. Pourtant, son oncle, Bashir Ahmed avait déclaré aux médias que de signes laissant croire sa fascination par l’extrémisme. «Il était fier d’être Britannique, avait tout pour lui, ses parents l’aimaient et l’encourageaient, il n’avait aucun souci financier», a-t-il expliqué. Le troisième suspect a été identifié, il s’agit de Mohammed Sadique Khan, 30 ans. L’identité du quatrième n’a pas été divulguée.
Par ailleurs, le Scotland Yard avait lancé un avis de recherche contre le présumé être le cerveau des attentats.
Le CV de cet homme a commencé à émerger dans la presse. Ce serait également un Britannique, d’origine pakistanaise, âgé d’une trentaine d’années. Il serait entré au Royaume-Uni via un port, il y a un mois environ, afin de préparer ses recrues pour les attentats.
Si l’on croit certains journaux britanniques, l’organisateur de l’opération terroriste aurait quitté la Grande-Bretagne à la veille des attentats. Selon d’autres médias, il aurait rencontré les quatre auteurs des attentats le 7 juillet au matin, à Luton. Durant cette rencontre, il leur aurait fourni les explosifs et fait le point avec eux une dernière fois avant de s’éclipser.
Scotland Yard recherchait également un sixième homme, un universitaire égyptien, maître de conférences en chimie à l’Université de Leeds, dont l’appartement a été perquisitionné mardi.
Il a été identifié par le quotidien populaire “The Sun” comme Magdi El-Nashar, 33 ans. Après avoir interrogé mercredi un parent d’un des suspects, la police a retracé les derniers mouvements des quatre hommes. Ils se sont retrouvés jeudi matin à la gare de Luton, avant de se rendre en train à King’s Cross, centre névralgique des transports en commun de la capitale.  En effet, des images des caméras de surveillance de King’s Cross les ont montrés tous les quatre en pleine conversation. Ils portaient des sacs à dos de type militaire, juste avant 08h30 locales. Ensuite, trois ont pris ensuite différentes lignes, allant vers l’Ouest, l’Est et le sud, pour faire exploser leurs bombes simultanément vingt minutes plus tard, à 08h50 (07h50 GMT). La quatrième bombe dans l’autobus a explosé une heure plus tard. Par ailleurs, et pendant que la chasse à l’homme continuait pour arrêter le reste de la cellule, les Britanniques, comme la plupart des habitants des pays européens, se sont recueillis jeudi pendant deux minutes pour commémorer les morts des attentats.
Les larmes aux yeux pour beaucoup. Des scènes identiques ont été observées un peu partout en Europe, à l’exception de la Russie qui a estimé qu’après la prise d’otages de Beslan (Caucase du Nord) en septembre 2004, il n’y a pas eu non plus "d’expression unie de compassion" en Europe.
Durant deux minutes, bus, voitures et taxis se sont arrêtés. Dans les gares, dans les métros, un appel par haut-parleur a invité les gens à se joindre à ce moment de silence. Même la Bourse de Londres s’est interrompue pour quelques instants.

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