Muayad Bani Odeh : Un militant du Hamas au service d’Israël

Seuls quelques journalistes ont pu rencontrer le jeune homme affilié au Hamas accusé d’espionnage pour les services de renseignements israéliens. Bani Odeh, 25 ans, est originaire de Tamum, un village du nord de la Cisjordanie occupée. Il explique comment il a collaboré avec l’intelligence israélienne. «Je travaillais à Jéricho, dans la construction d’immeubles. Un jour lorsque je suis rentré d’Al Hamra, j’ai été arrêté et interrogé par un colonel israélien», explique le jeune prisonnier aux journalistes. «J’ai été transféré au centre d’interrogation de Huwwara, où ils m’ont laissé quatre jours en isolement total. Peu après, Raviv, un officier israélien a tenté de me corrompre en me menaçant, mais j’ai refusé. Une femme soldat est donc entrée et a essayé de me séduire. Je n’ai pas pu résister à ses avances et j’ai couché avec elle deux fois, ensuite elle est partie. Raviv est revenu en me menaçant de divulguer les photos de moi couchant avec la femme soldat. Je n’avais pas le choix, je devais accepter leur deal. 14 jours après, je commençais officiellement ma collaboration avec l’armée israélienne», admet le prisonnier. Lors de l’opération qui a permis l’assassinat de cinq combattants palestiniens, Muayad Bani Odeh déclare avoir reçu 2.000 shekels (500 dollars) de récompense de la part de l’armée israélienne. C’était en 2003. Depuis, Israël lui a demandé d’observer les combats internes dans son village, lui offrant armes et supports financiers. Il a refusé et a été arrêté. Le Hamas réfute les aveux du prisonnier, déclarant qu’ils ont été obtenus sous la pression de la police palestinienne. Ismaïl Haniyeh est embarrassé suite à son discours après la prière du vendredi, dans lequel il avait accusé les forces liées au Fatah de maltraiter des partisans du Hamas, dont «Muayad Bani Odeh, un fils de l’Islam de Cisjordanie, qui a été torturé à mort». Le jeune homme en question apparaît à la télévision palestinienne et déclare ne pas avoir subi de torture et avoue avoir collaboré avec l’ennemi. L’histoire de Bani Odeh est tragique, mais elle n’est pas unique. Les services secrets israéliens ont coutume d’employer diverses tactiques de corruption qui ont fait leurs preuves. «Une fois, j’ai reçu une lettre de convocation par un général israélien, au centre d’interrogation de Huwwara. Je devais m’y rendre sous peine d’être arrêté», témoigne Majid, 22 ans. «Trois de mes cousins étaient recherchés par l’armée israélienne. Tout le monde m’a conseillé de ne pas y aller, qu’ils allaient me corrompre. Je n’y ai pas été et ils ne sont jamais venus me chercher», indique-t-il. «Mon père a reçu la même convocation et y a été. Lorsqu’il attendait avec d’autres habitants, un soldat est venu lui parler comme s’il le connaissait depuis longtemps. Il l’a appelé par son nom et lui a demandé des nouvelles de certains membres de sa famille, en citant leurs noms», raconte le jeune homme. «Tout le monde a cru que mon père était un espion et on a eu des problèmes avec les brigades du camp. Mais ce n’était qu’une tactique de l’armée israélienne. Tout le monde se méfie de tout le monde», poursuit Majid. Deux de ses cousins ont été arrêtés, le troisième, Mohammad, leader des Brigades des Martyrs d’al Aqsa, a été exécuté la nuit du 14 décembre 2006.
Des centaines d’histoires de ce genre existent dans un territoire où tout s’entremêle et où l’on ne sait plus distinguer entre le vrai et le faux, le bon et le mauvais tellement les choses sont compliquées.

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