Saddam Hussein, encore et toujours

Saddam Hussein, encore et toujours

Les fiefs sunnites de Saddam Hussein ont connu plusieurs manifestations de soutien à l’ancien président irakien. Des dizaines de fidèles ont défilé pour dénoncer une procédure judiciaire « illégitime » à son encontre.
La police irakienne était sur les dents et surveillait la manifestation, qui n’a toutefois pas dégénéré. Aussi, des hélicoptères américains survolaient le secteur, selon des spectateurs.
Aux cris de « Bush, Bush, écoute bien : nous aimons tous Saddam Hussein », plusieurs centaines d’hommes son descendus dans les rues de Takrit, la ville d’origine du dictateur déchu à 130 km au Nord de Bagdad. Beaucoup de manifestants portaient des portraits de l’ex-président et distribuaient des photos aux spectateurs.
Auparavant, plus d’une centaine de personnes, brandissant des portraits de l’ex-raïs, avaient tiré des coups de feu en l’air et scandé « Nous choisissons Saddam pour chef » à Al-Dawr, une autre ville sunnite proche de Takrit. « Le procès de Saddam est illégitime », proclamaient les banderoles.
Une manifestation a eu lieu également à Buhriz, un ancien fief de Saddam Hussein au nord-est de Bagdad. « Il faut se rappeler que quand Saddam a disparu, la sécurité a disparu », expliquait Aouf Abdel Rahman, un responsable municipal.
Des rassemblements qui contrastaient avec l’atmosphère dans les zones chiites où plusieurs milliers d’Irakiens ont scandé « Saddam doit être exécuté ». Saddam Hussein et 11 anciens dignitaires de son régime ont été présentés jeudi devant un juge du Tribunal spécial irakien qui leur a lu les charges retenues contre eux.
Parallèlement, le collectif des avocats mandatés par son épouse pour représenter Saddam Hussein a annoncé l’annulation du voyage de l’un d’eux en Irak pour tenter de rencontrer le dictateur déchu, quelques heures après en avoir fait part. « Je pars pour l’Irak dimanche, malgré les risques que je suis prêt à assumer », déclarait alors Ziad Najdaoui, l’un des 20 avocats jordaniens et étrangers engagés par Sajida, l’épouse de Saddam.
Puis Mohammed Rachdan, responsable de l’équipe, a expliqué que ce voyage était reporté pour « raisons techniques », des documents devant encore être examinés avant ce déplacement. Il aura cependant lieu « le plus tôt possible », a-t-il ajouté.
Me Najdaoui devait se rendre à Bagdad pour présenter aux autorités irakiennes les documents signés par Sajida et chercher à rencontrer Saddam.
Les avocats de la défense affirment avoir reçu des menaces des autorités de Bagdad s’ils tentaient de venir en Irak. Issam Ghazaoui, l’un d’entre eux, dit avoir reçu un appel téléphonique du ministre de la Justice Malek Dohan Al-Hassan, qui lui aurait dit qu’ils seraient « non seulement tués, mais découpés en morceaux ».
Selon un autre, Ziad Al-Khasaouneh, Al-Hassan lui aurait dit d’aller voir les fosses communes dont Saddam est responsable « au lieu de le défendre ».
Quant à Rachdan, il affirme avoir reçu un appel anonyme le menaçant d’un attentat contre son bureau et sa famille. Par ailleurs, la fille du dirigeant libyen Moammar Kadhafi, qui est juriste, souhaite participer à la défense de Saddam Hussein, a annoncé un avocat jordanien, membre de l’équipe internationale représentant l’ancien président irakien. « Le Dr Aïcha Moammar (Kadhafi) est professeur de droit. Elle est prête à rejoindre notre équipe et à former des juristes libyens pour défendre Saddam Hussein », a déclaré Ziad Al-Khassaouneh à l’Associated Press. « La fille du président libyen est la bienvenue, nous la considérons comme un membre officiel de l’équipe » basée en Jordanie, a-t-il ajouté, reconnaissant avoir appelé Aïcha Kadhafi pour la remercier. Dans un communiqué diffusé par la fondation caritative qu’elle dirige, Aïcha Kadhafi explique qu’elle souhaite obtenir la garantie que Saddam Hussein bénéficiera d’un « procès équitable, partant du principe que tout accusé est présumé innocent jusqu’à la preuve de sa culpabilité ».
Le communiqué faxé depuis Tripoli ajoute que plusieurs avocats libyens vont rejoindre l’équipe chargée de la défense de l’ancien raïs, qui comprend des juristes de Jordanie, du Liban, de Tunisie, mais aussi des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et de Belgique.

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