Sarkozy tente la piste humanitaire pour sauver Ingrid Betancourt

S’il y A une constante dans la posture de Nicolas Sarkozy, c’est bien sa détermination à tout mettre en œuvre pour sortir Ingrid Betancourt de la jungle colombienne dans laquelle elle croupit depuis six longues années, retenue otage des FARC. La dernière option choisi par le président de la république est d’envoyer une mission humanitaire pour tenter d’approcher le lieu de détention d’Ingrid Betancourt, et éventuellement lui apporter les premiers soins et renouer le contact avec les ravisseurs.
 Cette décision a été prise alors que les informations en provenance d’ex-otages et de sa famille font état d’une dégradation dangereuse de sa santé aggravée par une grève de la faim entamée depuis le 23 mars dans un dernier geste de désespoir. Le principe de cette mission humanitaire en route vers la Colombie, a  été décidé après que Nicolas Sarkozy ait adressé un nouveau message au numéro un des FARC, Manuel Marulanda, dans lequel il fait le constat de la gravité de la situation : «Ingrid est en danger de mort imminente. Elle n’a plus la force de résister à une captivité interminable qui s’enfonce dans la tragédie (…) Alors, vous qui dirigez les FARC, vous avez maintenant un rendez-vous avec l’histoire. Ne le manquez pas (…) La France n’attend qu’un signal de votre part pour organiser aussitôt en liaison avec les autorités compétentes une mission humanitaire pour aider à la prise en charge d’Ingrid et de ses codétenus les plus affaiblis».
C’est le second message adressé par Nicolas Sarkozy à Manuel Marulanda, le premier ayant eu lieu le 6 décembre dernier. Le président de la république avait à ce moment formulé le rêve de pourvoir offrir à la famille Betancourt et aux Français la libération d’Ingrid comme cadeau de Noël. La libération d’Ingrid Betancourt, une Franco-colombienne, est une vraie cause française nationale. De nombreuse mairies affichent le portrait d’Ingrid sur leur devanture en signe de solidarité. Les multiples manifestations dans la rue pour exiger sa libération mobilisent des élites multiples et variées. Le pouvoir politique n’est pas insensible à cette mobilisation. Avant l’envoi de cette mission humanitaire voulue par Nicolas Sarkozy, une autre mission avait déjà tenté de la récupérer alors que Dominique de Villepin était encore ministre des Affaires étrangères. Une mission qui avait illustré à l’époque le rocambolesque et le manque de préparation. Hasard des événements, Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac et ennemi intime de Nicolas Sarkozy lève le voile sur cette opération dans un journal suisse, « La Tribune de Genève » : «En 2003, nous avons monté une opération de sauvetage d’Ingrid Betancourt. C’est la famille, informée par le président Uribé, qui nous l’avait demandé, ce qui n’a pas été assez rappelé dans la polémique qui s’est ensuite nouée (…) Il fallait réagir rapidement. Nous avons, dans les conditions les plus discrètes envoyé un avion, non sans hésiter sur le lieu d’atterrissage. On a évoqué les Antilles et la Guyane. Les services de renseignements ont finalement préféré le Brésil car il semblait y avoir urgence humanitaire (..) Puis l’affaire a été révélée, ce qui a provoqué une polémique regrettable. Il n’y avait dans notre démarche qu’une préoccupation humanitaire».  A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy s’est dit prêt à tenter toutes les solutions pour parvenir à la libération d’Ingrid Betancourt, y compris les plus contestables qui peuvent prêter le flanc à la critique. Et comme le précise le Premier ministre François Fillon : «dans les propositions que nous avons faites, il y a celle qui consiste à accueillir sur le territoire français des FARC qui ont été faits prisonniers par le gouvernement colombien sous un statut de réfugiés politiques».  Au delà de la valeur purement humanitaire du geste, Nicolas Sarkozy, en fin politicien, connait mieux que quiconque, la valeur politique de la libération d’Ingrid Betancourt. A un moment où le désamour des Français s’avère persistant, où les sondages sont plombés vers le bas avec des promesses de brise insuffisantes, Nicolas Sarkozy a réellement besoin d’un petit miracle pour dynamiser sa popularité. Et ce petit miracle pourrait très bien s’appeler Ingrid Betancourt.

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