Sharon à la recherche d’une coalition

Ariel Sharon a entamé officiellement, hier, ses tractations pour la formation d’une coalition gouvernementale, alors que les Travaillistes continuent de rejeter ses offres et refusent toute cohabitation avec la droite israélienne.
Ariel Sharon, qui a 42 jours pour former son gouvernement, a confirmé qu’il oeuvrait pour la formation d’un gouvernement reposant sur une «large entente nationale». Il évoque l’Intifada, l’imminence d’un conflit armé en Irak et la crise économique pour amadouer l’opposition travailliste : «Nul ne saurait se dérober. Nous sommes obligés de marcher ensemble. Celui qui désire la paix doit entrer au gouvernement ou bien endosser la responsabilité de son refus», a-t-il déclaré à l’adresse du leader travailliste, Amram Mitzna. Ce dernier n’a pas mis longtemps à réagir en adressant une lettre à Sharon lui enjoignant de «cesser de faire pression sur le parti» et considérant ses propos comme «une ingérence grossière dans les affaires intérieures des Travaillistes». «Je suis conscient de l’urgence de l’heure, mais il n’existe aucune base qui pourrait justifier notre entrée au gouvernement», a réaffirmé Mitzna.
Dans le même temps, les contacts israélo-palestiniens devaient se poursuivre hier pour discuter de l’établissement d’un cessez-le-feu. Ces contacts ne constituent pas une alternative à la «feuille de route» du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU). L’Autorité palestinienne ayant officiellement été informée du report de la publication de cette feuille jusqu’après la formation du nouveau gouvernement israélien. Des responsables israéliens ont par ailleurs été reçus à Amman par le chef de la diplomatie jordanienne, à propos de cette même «feuille de route». Sur le terrain, dans le camp de réfugiés de Aïn Beit Elmaâ, près de Naplouse, dans le Nord de la Cisjordanie, Imad Mabrouk, responsable au sein du FPLP a été assassiné par l’armée israélienne.
Un autre militant palestinien a été arrêté dans la même région. Le nombre de Palestiniens assassinés depuis le début de l’Intifada s’élève désormais à 2.188. Un bilan malheureusement provisoire car Israël ne cesse d’allonger chaque jour cette liste. Le peuple palestinien célèbre aujourd’hui Aïd Al Adha dans une ambiance de tristesse avec la poursuite du siège imposé par l’armée israélienne qui a privé des centaines d’entre eux d’effectuer le pèlerinage. Les acheteurs se faisaient rares dans les marchés de moutons, les Palestiniens ayant renoncé cette année au sacrifice. «Comment voulez-vous fêter alors que chaque jour apporte son lot d’assassinés», déclare un habitant de Cisjordanie. Un autre ajoute: «Nous sommes privés de nos droits les plus élémentaires, la liberté d’exercer notre religion. Or, le pèlerinage est un pilier de l’Islam.
L’interdiction faite aux Palestiniens de se rendre à La Mecque s’inscrit dans le cadre des punitions collectives auxquelles Israël procède». «L’arrogance des Israéliens n’a pas de limite», a rappelé un autre Palestinien qui affirme n’avoir jamais imaginé qu’on puisse interdire aux gens d’exercer leur religion même dans un pays colonisé. Les forces de répression israéliennes à Jérusalem ont été placées en état d’alerte renforcé. Israël craint une attaque au moyen d’avions sans pilote à partir du Liban dans la perspective d’une frappe armée américaine contre l’Irak. Ariel Sharon s’en est pris à la Syrie et au Liban qu’il accuse de vouloir réactiver le front nord dans l’éventualité de cette guerre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *