Somalie : la piraterie menace le commerce international

Le détournement sans précédent samedi au large du Kenya d’un pétrolier géant transportant deux millions de barils de brut saoudien destiné aux Etats-Unis a semé la consternation dans la communauté internationale et laisse entrevoir une nouvelle flambée des cours des matières premières. Ce détournement et trois autres depuis sont intervenus en dépit du déploiement dans cette région d’une armada de l’Otan, de bâtiments de guerre de pays européens et de navires de la marine russe. Dans une interview à l’agence Reuters, Hussein estime que les patrouilles maritimes internationales ne suffiront pas à éradiquer le phénomène de la piraterie et assure que celui-ci n’est pas cantonné à la Somalie. «Nous sommes désolés, mais ce problème de piraterie n’est pas cantonné seulement à la Somalie; il affecte l’ensemble de la région, il affecte le monde». Selon les experts, les pirates ont montré qu’ils pouvaient frapper sur une large étendue maritime puisque la zone de leurs agissements dépasse plus d’un million de km2. «Les opérations navales à elles seules ne sont pas suffisantes, car les pirates disposent d’un réseau, ce qui veut dire un réseau opérationnel ce qui veut dire en mer, à terre et aussi parfois à l’étranger», affirme-t-il. Hussein fait valoir que son fragile gouvernement fédéral de transition somalien n’a pas les moyens de s’attaquer au phénomène et il réclame à la communauté internationale qui le soutient une aide pour mettre sur pied une garde-côtes digne de ce nom.
De source diplomatique, on estime que seule une solution politique en Somalie, où le gouvernement lutte contre une insurrection islamiste croissante, pourra à terme permettre d’éradiquer le problème. Hussein reconnaît le rôle dans cette situation de l’héritage de plus d’une décennie de guerre civile en Somalie, marquée par l’absence d’état de droit, l’omnipotence des chefs de guerre et la pauvreté. «Nous sommes très satisfaits de constater que le problème de la piraterie est devenu un problème commun et que des efforts communs sont déployés pour y faire face. Nous jouerons bien sûr notre rôle, mais nos moyens sont très limités», ajoute-t-il.

David Clarke (reuters)

 

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