Ahmed Bouz: «L’année 2016 pourrait connaître l’entrée de salafistes au Parlement»

Ahmed Bouz: «L’année 2016 pourrait connaître l’entrée  de salafistes au Parlement»

Trois questions à Ahmed Bouz, Universitaire et politologue

Il va falloir attendre les résultats pour connaître le poids réel des salafistes même si je pense d’ores et déjà que le PJD ne sera pas fortement impacté par cette nouvelle donne.

ALM : Peut-on parler d’un réel engouement pour le recrutement des islamistes et salafistes par les partis ?

Ahmed Bouz : Il est fort probable qu’il y ait effectivement une orientation pour l’utilisation du même référentiel ou moins du même discours adopté aujourd’hui par le Parti de la justice et du développement (PJD). Cela dit, il faut établir une distinction entre les islamistes et les salafistes.
De même, je pense que l’arrivée de plusieurs ex membres du PJD au Parti authenticité et modernité (PAM) ne représente pas un réel enjeu électoral pour ce dernier.
Je dirais plutôt qu’il s’agit beaucoup plus d’un enjeu purement politique. Avec le départ de plusieurs membres du PJD avec un tel fracas, le but était de montrer que le parti de la lampe est un parti ordinaire où il y a des divergences et des tensions loin de l’image d’une formation politique disciplinée et soudée.

Qu’en est-il des salafistes ?

Avec les salafistes c’est différent. Il y a eu certains qui ont rejoint le Mouvement démocatique et social fondé par Mahmoud Archane. Il y a également des informations sur l’arrivée de certaines figures du salafisme au parti de l’Istiqlal ou encore au Parti de la renaissance et de la vertu. Les salafistes sont donc éparpillés sur plusieurs formations politiques pour deux principales raisons. Il y a tout d’abord les divergences au sein du mouvement salafiste marocain qui peuvent être profondes. Ensuite, le Maroc n’est pas encore prêt pour permettre aux salafistes de tous bords de disposer d’un cadre d’action politique à part entière. L’année 2016 pourrait connaître ainsi l’entrée de salafistes au Parlement mais sous différentes casquettes et couleurs politiques.

Est-ce que le discours religieux pèse sur le choix des électeurs ?

Je ne pense pas que les électeurs marocains soient tout à fait influençables par le biais d’un discours religieux dans les élections. Il faut dire que notre société connaît plein de paradoxes. On peut trouver ainsi un mécène qui n’a rien à voir avec la doctrine religieuse mais qui finance la construction d’une mosquée comme on peut trouver un électeur avec des choix particuliers dans sa vie et qui va pourtant voter pour un candidat islamiste. Maintenant, il va falloir attendre les résultats pour connaître le poids réel des salafistes même si je pense d’ores et déjà que le PJD ne sera pas fortement impacté par cette nouvelle donne.

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