El Mundo fait le sale boulot

El Mundo fait le sale boulot

Le quotidien conservateur espagnol vient de trouver un nouveau prétexte pour s’attaquer au Maroc. Et comme à son accoutumée, le Parti Populaire de José Maria Aznar n’a pas manqué d’en donner tout l’écho politique nécessaire à ses visées. Nouvelle trouvaille, la situation des 68 prisonniers espagnols détenus au Maroc. Des prisonniers dont la particularité est qu’ils ont pour la plupart été arrêtés pour trafic de drogue.  Le parti d’opposition de droite ne semble pas moins s’inquiéter de leur sort. Une préoccupation qui intervient à un moment où les parties espagnoles hostiles au Maroc sont un peu à court d’idées. La série d’articles parus tout au long de cette semaine, savamment orchestrés entre soi-disant papiers d’information et chroniques incendiaires prend appui sur les «témoignages» de deux détenus espagnols dans la prison de Nador. Elle vient d’être relayée par le PP qui a décidé d’interpeller le chef de la diplomatie espagnole sur la question et de soulever le même sujet devant le Congrès (Chambre basse du Parlement espagnol). A travers ces décisions, rendues publiques mercredi 30 mars par Eduardo Zaplana, porte-parole parlementaire de la formation aznariste, le PP compte ainsi obtenir une motion parlementaire condamnant le Maroc. L’envoi d’une délégation parlementaire espagnole au Maroc pour s’enquérir de la situation sur place est également envisagé.
Une sortie à laquelle « El Mundo» avait bien préparé le terrain.
Entamée depuis dimanche 27 mars, la cabale d’El Mundo n’en finit pas de tirer sur tout ce qui bouge, côté marocain. Ce qui paraissait être au début des témoignages recueillis par le journal de deux ressortissants espagnols, à savoir José Marquez, camionneur, et José Belando, touriste – incarcérés dans la prison de Nador après la découverte par la police marocaine de chargements de haschich dans leurs véhicules respectifs- a vite tourné au procès politique. Dimanche, le journal indique que les deux mis en cause l’ont appelé la semaine dernière par téléphone affirmant avoir été «torturés» au moment de leur arrestation et que leurs conditions de détention sont «inhumaines».
«J’ai dû m’acheter une place où dormir à même le sol. Si tu n’as pas de place tu dors sur le côté parce que nous sommes 35 prisonniers dans 40 mètres carrés…», raconte José Marquez.
 José Belando abonde dans le même sens en assurant que l’on peut acheter les fonctionnaires de la prison. «En payant il n’y a aucun problème. Tu peux acheter les fonctionnaires mais le problème c’est que tu ne finiras jamais de payer. Moi j’ai déjà payé 800 euros». Revenant à la charge dans son édition du mardi, il n’a pas manqué de faire réagir des ONG comme Amnesty International (AI) et la Fondation Ramon Rubial qui ont exprimé leur «préoccupation». El Mundo se fait également un plaisir de rappeler le rapport du comité des droits de l’Homme des Nations Unies dans lequel cet organisme avait exprimé sa «préoccupation» pour «le nombre élevé des cas présumés de tortures contre des prisonniers et l’absence d’enquêtes sur ces cas » au Maroc.
Le journal affirme aussi qu’au Maroc, il faut payer une amende exorbitante pour obtenir le transfert en Espagne. Une déclaration qui semble ne pas tenir compte de l’accord signé entre le Maroc et l’Espagne et donne toute la liberté aux ressortissants espagnols détenus au Maroc de choisir le pays où purger leurs peines, après que toutes les voies de recours soient épuisées.
Citée par le journal, la Fondation parle de l’absence des droits des prisonniers qui dorment à même le sol, l’absence de lits et des conditions sanitaires minimales et où l’argent a le dernier mot. Là encore, on semble faire fi du fait  que les prisonniers  espagnols vivent les mêmes conditions de détention que les autres. Et si l’on doit parler de traitements partculiers, c’est plutôt dans le sens où chaque prison marocaine compte un quartier européen, où les prisonniers sont nettement mieux traités que les Marocains.
Auparavant, et dans son édition du lundi, le même journal consacre un éditorial et  un article sur la question. «  Plusieurs d’entre eux (les prisonniers) ne sont pas des délinquants », affirme El Mundo. Ce qui contredit une information parue dans ses colonnes, disant que 61 des 68 Espagnols détenus au Maroc ont été arrêtés pour trafic de drogue. «A l’heure du jugement, les choses ne sont pas meilleures. Ils se plaignent tous de la terrible corruption des magistrats marocains et comment il  est facile de recouvrer la liberté sans la moindre charge si l’on a de l’argent», ajoute El Mundo.
Abou Ghraib «est aussi au Maroc», lance l’éditorialiste. Le journal estime qu’«il est logique de se demander sur ce que fait le gouvernement espagnol pour eux, ce gouvernement qui  est en train de resserrer les liens avec le Maroc, qui invite Mohammed VI aux cérémonies du 11 mars et aplanit le terrain à Rabat pour l’annexion définitive du Sahara». Voilà qui répond au véritable objectif de la cabale : celui d’entraver le saut qu’ont marqué les relations entre les deux pays. Cet acharnement descend en flammes aussi bien le Royaume que les rapprochements constatés entre nous et nos voisins ibériques. Un rapprochement qui est allé au-delà des limites du tolérable pour la droite espagnole et ses relais médiatiques.

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