Elections des Chambres professionnelles: Les leçons d’un scrutin

Elections des Chambres professionnelles: Les leçons d’un scrutin

Après les représentants des salariés, le deuxième acte des élections professionnelles vient de  s’achever avec les élections des Chambres professionnelles. Le scrutin du 7 août, qui a départagé 11.682 candidats qui briguaient  2.179 sièges au sein des Chambres, n’a pas été anodin. Loin s’en faut. Car contrairement aux élections de 2009, celles de cette année ont marqué un net regain de confiance et d’intérêt des professionnels pour les institutions censées défendre au mieux leurs intérêts et leur permettre d’interagir avec les politiques publiques qui les concernent.

Premier indice de ce regain d’intérêt, le taux de participation. Cette année, selon les chiffres officiels publiés par le ministère de l’intérieur samedi 8 août, le taux de participation a atteint 43%, soit en amélioration par rapport au scrutin de 2009 où il n’avait guère dépassé les 40%.
Le nombre de candidats renseigne également sur le niveau d’implication des professionnels. Ils étaient 11.682 à concourir pour 2.179 sièges, soit une moyenne de plus de 5 candidats par siège.
Et enfin, l’indice qui démontre par excellence la renaissance des Chambres est incontestablement la présence en force des candidats dits sans appartenance politique, les fameux SAP.

Ils étaient ainsi 2.112 candidats sans étiquette partisane et la grande surprise est qu’ils ont réalisé un taux de réussite très respectable puisqu’ils sont désormais la quatrième force au niveau des Chambres avec 258 sièges contre 216 en 2009. Les SAP ont ainsi devancé de grands partis et non des moindres comme le Mouvement populaire, le PJD et l’USFP (voir article page 7 sur les résultats)

Il ne fait donc aucun doute que l’attractivité des Chambres professionnelles comme espaces désormais crédibles pour l’expression de la démocratie et de la gestion de la chose publique s’est nettement améliorée.
Qu’est-ce qui a contribué à un tel changement ? Sur les 10 dernières années, à la faveur de la refonte globale et des mutations profondes qu’a connues l’économie, les Chambres ont dû, elles aussi, opérer des refontes en profondeur de leurs statuts et de leur rôle. Même si par moments, ces réformes de fond se sont déroulées dans la discrétion, visiblement elles ont été concluantes et commencent aujourd’hui à donner leurs fruits.
Le cas des Chambres d’agriculture est, à ce titre, un exemple à méditer de très près. Jusqu’en 2008, celles-ci étaient encore régies par un vieux dahir datant de… 1962 ! Or, avec le lancement du Plan Maroc Vert, la révolution du secteur agricole ne pouvait réussir sans des organisations professionnelles fortes et actives. Il se trouve qu’en 2008, ces Chambres étaient loin de remplir leur rôle de véritable partenaire de l’administration dans la conduite de la nouvelle dynamique. C’est qu’avec une réglementation vieille de presque un demi-siècle et à l’image d’un secteur moribond depuis des décennies, les Chambres agricoles étaient devenues de vraies coquilles vides et essentiellement un tremplin vers le Parlement, ni plus ni moins. C’est la raison pour laquelle, entre autres, on s’est retrouvé à la veille de la réforme avec 37 Chambres d’agriculture qui ne servaient en rien le secteur.

Vint donc la réforme de 2008. Première décision logique : Il a fallu réduire leur nombre pour n’en garder que 16 au lieu de 37 et ce pour coller au découpage administratif du pays.
Au-delà du nombre, la loi 27.08 portant sur le nouveau statut des Chambres  d’agriculture a opéré une profonde mutation de ces institutions qui sont devenues du coup un véritable partenaire de l’administration et de l’Etat en ce qui concerne le développement du secteur agricole.

On voit de plus en plus les Chambres prendre part aujourd’hui au pilotage local et régional de certains volets du Plan Maroc Vert. Aujourd’hui, à la faveur de la réforme de 2008, les Chambres  d’agriculture, en plus de garantir une représentativité des agriculteurs dans l’hémicycle, sont devenues donc ce qu’elles devaient être depuis toujours, c’est-à-dire un acteur central du développement de l’agriculture.

Et ce n’est donc pas un hasard si aujourd’hui ces Chambres attirent de plus en plus de compétences et de jeunes profils qui permettront, au passage, de rehausser aussi le niveau des débats et des prestations de notre Parlement.

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