Elections du 4 septembre : Les MRE refusent le vote par procuration

Elections du 4 septembre : Les MRE refusent  le vote par procuration

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne veulent pas voter par procuration lors des prochaines élections. Une position qu’a exprimée le collectif «Dignité pour la pleine citoyenneté des Marocains résidant à l’étranger», via un communiqué acerbe rendu public mercredi soir.

«Nous exprimons notre surprise face à la décision de recourir au vote par procuration pour la diaspora marocaine, d’autant plus que les nouvelles technologies permettent des solutions plus adaptées», peut-on lire sur le communiqué. Selon ce collectif de MRE, ce type de vote est contraire à l’esprit de la Constitution et à «la volonté royale d’impliquer la communauté marocaine à l’étranger dans la gestion des affaires publiques». De manière plus concrète, ce que reprochent les détracteurs du vote par procuration est le fait qu’il va à l’encontre du principe de vote secret et individuel, tel que prévu par la loi en vigueur, en l’occurrence le code électoral.

«Nous condamnons fermement la non-application des dispositions de la Constitution, quatre ans après sa promulgation», peut-on également lire sur le communiqué du collectif Dignité. Que dit, au juste, la Constitution à ce sujet ? Les articles 15, 16, 17 et 18 de la Constitution de 2011 garantissent les droits des MRE, notamment ce qui se rapporte à l’exercice de leur citoyenneté. «Les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles», peut-on lire sur l’article 17. Ils peuvent donc non seulement voter lors des différentes échéances électorales, mais également se porter candidats que ce soit au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales ou nationales.

Toujours selon le texte de la Constitution, la loi devrait fixer «les conditions et les modalités de l’exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence». Pourquoi donc le changement se fait-il autant attendre ? Il s’agit, selon des sources ministérielles, essentiellement de questions logistiques. L’adoption d’une solution adaptée nécessiterait la mobilisation, en plus des services consulaires, de plusieurs départements relevant, entre autres, du ministère de l’intérieur, de celui des affaires étrangères et de la coopération, et du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger.

Pourtant, la mise en place du bureau de vote à l’étranger n’est pas aussi utopiste que cela puisse paraître. Tout d’abord, plusieurs pays, y compris nord-africains tels que la Tunisie et l’Egypte, y ont eu recours lors de divers rendez-vous électoraux. Ensuite, le Royaume lui-même en a fait l’expérience lors du référendum pour l’adoption de la Constitution en 2011 : des bureaux de vote avaient été installés non seulement dans les représentations du Maroc à l’étranger, mais également dans les ports, les aéroports et même sur les autoroutes. Résultat: un taux de participation record. 

Il faut, par ailleurs, préciser que cette contestation a un air de déjà-vu. Déjà en préparation des élections législatives de 2011, de nombreux collectifs de MRE avaient contesté ce mode de scrutin. Une manifestation avait même été organisée le 13 novembre 2011, soit quelques jours avant le vote, à Paris pour réclamer l’installation de bureaux de vote dans les consulats marocains à l’étranger. Affaire à suivre.
 

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