Le CMDH veut faire cavalier seul

Le Centre marocain des droits de l’Homme (CMDH), une ONG réputée pour être pro-PJD, a décidé de faire cavalier seul pour assurer le suivi du déroulement du prochain scrutin législatif. Selon son président, Khalid Cherkaoui Semmouni, le CMDH ne se sent pas dans l’obligation de faire partie du tissu associatif qui fait figure de principal interlocuteur du CCDH (Conseil consultatif des droits de l’Homme) dans cette opération. «Le dernier discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été clair en ce sens puisqu’il a insisté sur la possibilité pour toutes les instances de la société civile de prendre part au suivi des prochaines élections législatives», déclare M. Semmouni à ALM. Ce dernier estime encore que les organisations de défense des droits de l’Homme, dont fait partie le CMDH, sont les «plus habilitées et les mieux outillées, vu leur expérience, à s’acquitter d’une telle mission».
Selon son président, le CMDH a déjà fait part, par écrit, au ministère de l’Intérieur de son intention de prendre part au suivi du scrutin pour que le département de Chakib Benmoussa puisse réunir aux membres de cette ONG les «conditions nécessaires» à sa mission. Khalid Cherkaoui Semmouni ajoute également que cette mission sera assurée par ses membres éparpillés sur quatorze sections à travers le Royaume et qui compteront seulement sur leurs propres moyens. L’objectif final est de dresser un rapport à la fin de cette mission. «Notre rapport est susceptible d’être plus complet et plus objectif que ce que pourrait écrire le NDI», déclare M. Semmouni qui affirme que son centre est contre la présence de l’ONG américaine lors du déroulement des élections du 27 septembre prochain. Il accuse cette dernière de manquer d’objectivité et d’indépendance. «Nous savons tous que cet institut est financé, pour une grande partie, par l’administration américaine et cela influe sur son travail», indique Khalid Cherkaoui Semmouni qui dit ne pas voir d’opportunité à ce que les observateurs d’un tel institut, «cantonnés dans les grandes villes uniquement», assistent à une telle opération. «Les Marocains n’ont pas besoin qu’une organisation internationale vienne faire le suivi des élections et nous sommes plus habilités à en juger par nous-mêmes, dans chaque douar et chaque ville», conclut le président du CMDH.
Le CCDH coordonne le suivi des prochaines élections en partenariat avec un tissu associatif composé de près de 100 associations. Plusieurs dizaines d’observateurs de ce tissu associatif ont été soumis à des sessions de formation sur le suivi des prochaines élections alors qu’un groupe d’experts internationaux, membres du NDI, était en repérage au Maroc, pour les mêmes fins, la semaine dernière. Cette délégation a commencé par établir des contacts avec les partis politiques en plus de plusieurs rencontres pour tâter le terrain. Cette mission, à l’issue d’une semaine d’évaluation, a estimé, lors d’une conférence de presse mercredi dernier à Rabat, que l’environnement électoral au Maroc est caractérisé par «plusieurs éléments positifs».

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