Le parcours du combattant

Déposer sa candidature pour les élections législatives n’est pas toujours chose aisée. Les choses se sont davantage compliquées depuis l’adoption, en 2002, du mode de scrutin par listes. De ce fait, il devient parfois difficile de coordonner les efforts entre les candidats pour que le tout soit en règle.
Ce parcours commence par l’obtention du fameux sésame : l’accréditation du parti politique dûment signée et légalisée par le secrétaire général ou le président de la formation politique. Cette accréditation porte aussi bien le nom du premier candidat, mais aussi de tous les autres membres de la liste pour éviter toute mauvaise surprise. Par la suite, une liste doit être préparée et comportant les noms de tous les candidats. Cette liste doit également être légalisée auprès des services compétents. Le "calvaire des légalisations" ne s’arrête pas à ce stade. Il faudra joindre au dossier les casiers judiciaires ou fiches anthropométriques de tous les candidats, manière de démontrer qu’ils ne tombent pas sous le coup des incapacités électorales prévues par la loi.
Dans certains cas, l’obtention de l’un de ces deux documents n’a pas été facile. C’est notamment le cas pour quelques candidats USFP à Casablanca et ex-détenus politiques. Il a fallu l’intervention du ministère de l’Intérieur pour tout mettre à jour. Les trois photos et la photocopie de la carte d’identité nationale ne posant pas de problèmes, il faudra justifier d’une attestation d’inscription sur les listes électorales générales. La moindre omission est synonyme d’inéligibilité. Tous les documents et justificatifs réunis, il faudra passer la nuit devant les locaux de l’autorité habilitée à recevoir les demandes de candidature. Cela permet d’être le premier servi et donc de se voir octroyer une place de choix sur le bulletin de vote unique. Visibilité oblige. Mais cela ne se passe pas sans quelques scènes assez insolites où des candidats en viennent aux mains, chacun protestant qu’il était le premier sur les lieux.
Les candidats, une fois le dossier déposé auprès des autorités compétentes, se voient délivrer un récépissé provisoire et sont priés de passer aux caisses du Trésor pour s’acquitter d’un montant de 5.000 DH par liste dans les trois jours qui suivent le dépôt. Cette somme est "perdue" si la liste n’arrive pas à atteindre le seuil lui permettant de participer à la distribution des sièges (6%). Munis du document du Trésor prouvant le paiement de cette caution, les candidats se voient enfin délivrer un récépissé définitif les habilitant, sauf surprise de dernière minute, à amadouer les électeurs pour arracher le nombre de voix nécessaires.
La tâche est encore plus complexe pour les listes nationales (féminines) vu qu’il faudra réunir la paperasse concernant trente personnes.  Cela se complique encore pour les listes de candidats indépendants (les sans appartenance politique) qui doivent réunir chacun 100 signatures de simples électeurs. Ces signatures doivent également être légalisées auprès des services compétents pour faire foi.
Ce parcours une fois terminé, commence alors la vraie bataille contre la montre et surtout contre les autres prétendants vu que la campagne électorale commence juste quelques heures après le dernier délai fixé pour le dépôt des candidatures. Soit des kilomètres à parcourir chaque jour et des distances qui varient selon l’étendue de la circonscription, les inévitables meetings et les quelques surprises de parcours. Parcourir le chemin du Parlement, et arriver à bon port, est loin d’être une partie de plaisir. 

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