Les syndicats mobilisent l’opposition et la CGEM contre Benkirane

Les syndicats mobilisent l’opposition et la CGEM contre Benkirane

«Le gouvernement se croit malin». Les propos émanent de Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT). La centrale syndicale et ses deux alliés, la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) viennent d’adopter une nouvelle démarche de protestation. «Et ce n’est qu’un début», assure le numéro un de l’UMT.

Visiblement très peu convaincu par l’offre gouvernementale et surtout très en colère contre la décision du chef de gouvernement de maintenir la réforme paramétrique de la Caisse marocaine des retraites (CMR) sous sa version initiale, le trio syndical a décidé de se plaindre auprès de tous les acteurs politiques, économiques et associatifs du pays.

Les syndicalistes disent ainsi faire preuve de grande responsabilité en adoptant une ligne progressive de protestation contre la démarche gouvernementale. Après avoir boycotté les festivités de la Fête du travail, une première dans l’histoire syndicale du pays, les trois syndicats décident d’aller à la rencontre de tous les groupes parlementaires de la majorité comme ceux de l’opposition ainsi que les associations et même le patronat marocain représenté par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

L’objectif est d’associer plus de monde à la cause et la vision des trois syndicats concernant la réforme paramétrique de la CMR mais aussi le traitement gouvernemental de leur dossier revendicatif. Pour rappel, le trio syndical avait demandé, en outre, une hausse généralisée des salaires dans le secteur public, une amélioration des revenus dans le privé à travers une baisse de l’Impôt sur le revenu (IR) et l’exécution des points en suspens dans l’accord du 26 avril 2011 entre les syndicats et le gouvernement Abbas El Fassi.

Des revendications qui ne seraient pas actuellement à l’ordre du jour pour le gouvernement, plutôt soucieux d’éviter une aggravation de la situation des finances publiques lesquelles semblent à peine montrer des signes de convalescence. «Le gouvernement ne se limite pas à un seul parti mais il est formé de plusieurs composantes politiques. Nous allons donc aller à la rencontre des autres partis de la majorité afin de leur expliquer notre vision et présenter nos arguments concernant la réforme du système de retraite ainsi que les autres points de notre dossier revendicatif.

Nous allons adopter la même démarche avec les partis de l’opposition ainsi que toutes les parties prenantes», explique Moukharik. Mais les choses ne devraient pas s’arrêter à ce niveau. Les trois syndicats viennent de créer une commission tripartite pour l’élaboration d’un programme de protestation qui n’est pas limité dans le temps dans le but «de faire entendre la voix de la classe ouvrière et expliquer son point de vue et ses propositions».

L’UMT, la CDT et la FDT se disent prêtes de nouveau à «user de toutes les formes possibles de protestation pour faire face au comportement irresponsable du gouvernement».

Package gouvernemental

La dernière offre faite par le chef de gouvernement pour les syndicats n’a pas trop convaincu ces derniers. Abdel-Ilah Benkiran avait proposé aux centrales syndicales un package comprenant un élargissement des allocations familiales à 5 enfants contre trois actuellement. Des allocations qui seront portées de 200 dirhams pour le moment à 300 DH selon l’offre gouvernementale. Il a été question de porter le seuil des salaires annuels exonérés de l’Impôt sur le revenu (IR) de 30.000 à 36.000 dirhams.

Le chef de gouvernement a proposé d’élargir la couverture médicale aux parents des fonctionnaires qui n’en bénéficient pas. Enfin, Benkiran aurait demandé aux syndicalistes de réfléchir sur une méthode pratique pour l’activation des indemnités pour les fonctionnaires affectés dans les régions enclavées. En contrepartie, les syndicats devaient approuver la réforme paramétrique proposée par l’Exécutif concernant le régime des pensions civiles au sein de la CMR. Une réforme qui doit se traduire par une élévation progressive de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, une révision de la méthode de calcul de la pension de retraite sur la base des huit dernières années d’activité et une hausse des cotisations mensuelles.

 

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