un vote sanction : 3 questions à Ahmed Bouz, politologue

un vote sanction : 3 questions à Ahmed Bouz, politologue

ALM : S’achemine-t-on vers un vote sanction ?

Ahmed Bouz  : Il faut tout d’abord établir une distinction entre les élections locales et les Législatives. Les premières comme les deuxièmes sont régies par des règles et une logique tout à fait distinctes. Il est de ce fait difficile d’affirmer avec exactitude que les électeurs marocains vont profiter des élections communales pour sanctionner un parti politique. Aussi, les élections locales connaissent généralement une mobilisation plus importante que les élections législatives en raison notamment du nombre important des candidatures présenté par les partis. C’est ainsi que plus de 130.000 candidats sont en lice pour le scrutin du 4 septembre. Cela dit, le rendement des partis au sein de la majorité gouvernementale, notamment le PJD, peut facilement influencer le vote des électeurs avec le risque effectivement d’un vote sanction d’une partie du corps électoral.
 
Le risque est réel pour le parti de la lampe…

Bien évidemment. Mais je tiens à préciser de nouveau que ce risque concerne une partie de l’électorat du PJD. Cela concernera notamment la classe moyenne qui avait voté pour le parti de la lampe en 2011 dans un contexte politique bien particulier. S’estimant lésée par certaines mesures prises par le gouvernement, la classe moyenne peut bien voter autrement lors du scrutin du 4 septembre. Les milieux salafistes peuvent également adopter la même posture. Mais encore une fois, il faut relativiser l’impact de ces choix sur les résultats définitifs d’un parti politique ou un autre.

Est-ce qu’un ou plusieurs partis peuvent tirer profit politiquement de cette situation ?

Le PJD sent une partie de son électorat s’éloigner du parti. C’est la raison pour laquelle le chef de gouvernement a voulu transformer le scrutin du vendredi prochain en un référendum. Paradoxalement, le parti de la lampe peut bien s’en sortir dans les prochaines élections. Car en dépit des remarques sur le bilan gouvernemental du PJD, aucun autre parti politique ne présente une alternative ou du moins une offre politique assez séduisante ou alléchante pour faire basculer la situation en sa faveur. C’est pour cette raison qu’en plus de l’hypothèse d’un vote sanction, il existe d’autres risques liés notamment au vote blanc, voire l’abstention.

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