Dossier : Cadrage : Transparence

Corruption. Un thème au moins où il y a équilibre entre le Nord et le Sud. Un sujet dont l’actualité n’épargne pas la vieille Europe, contrée si pudibonde en matière d’éthique. Le chef du gouvernement italien, le si bien nommé Berlusconi n’a-t-il pas eu maille à partir avec la justice pour corruption de magistrats ? En France, l’affaire Alfred Sirven n’en finit pas de révéler ses connexions ? Même l’Amérique de Georges W.Bush, championne de la démocratie, a eu ses grosses polémiques à propos de l’attribution de certains marchés. Actualité oblige, c’est sur la reconstruction de l’Irak à travers la concession de marchés mirobolants à des sociétés américaines, que le nom de Halliburton est apparu le plus à côté d’un certain Dick Cheney.
Qu’est-ce que donc la corruption ? Comment peut-on la quantifier ?
Sur quoi s’est basé le rapport de Transparency pour établir ses indices sachant que, d’un pays à l’autre, les règles ne sont jamais uniformes, ce qui est permis outre Atlantique, le financement des partis par les multinationales (défendant leurs intérêts), provoquerait en France un dangereux précédent !
Aussi, les règles étant variables d’une frontière à l’autre, la perception de la corruption l’est tout autant. D’ailleurs Transparency semble ne pas s’y être trompé cette fois-ci.
L’ONG pointe bien du doigt le Nigeria qui, avec le Haïti et le Bangladesh, ouvrent le bal des pays les plus corrompus. Mais, comme le disait Thomas Sankara, l’ancien président du Burkina Faso, «il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs ».
Dans son rapport publié ce 20 octobre, l’organisation non gouvernementale appelle vivement les gouvernements occidentaux à faire pression sur leurs sociétés pétrolières afin que celles-ci rendent publics les droits, redevances et autres sommes versées aux gouvernements et sociétés pétrolières nationales des pays pétroliers. Presque un fait d’armes. Car, jusque-là, toutes les ONG dénonçant les corruptions ont rarement dépassé la mise au pilori des dignitaires de ces «pays là », pour s’en prendre aux multinationales qui, comme dans le cas du Congo et de l’Angola, ont montré qu’elles savaient bien défendre leurs droits d’accès à la ressource.
Pour le reste, le rapport se poursuit en aveu d’impuissance, signalant le système de « passation des marchés publics corrodée par la disparition des revenus qui aboutissent dans les poches de dirigeants de sociétés pétrolières occidentales, d’intermédiaires et de fonctionnaires locaux ». L’Irak de l’après Saddam Hussein n’échappe pas à ce shéma, avec un score de 2,1 et un rang (129e). Tous les pays qui ont obtenu moins de 3 points (il y en a une soixantaine) sont jugés en situation de «corruption endémique». C’est le cas de la Russie, mal classée (90e ; 2,8), pays qui tente de se défaire de la coupe des oligarques. Par contre le géant chinois (71e ; 3,4) poursuit son redressement.
Mais bien loin de la machine finlandaise, avec 9,7 points sur dix de possible, soit le meilleur score du monde. Dommage que le travail de Transparency laisse un goût d’inachevé en n’établissant pas le classement des multinationales les plus corruptrices.

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