Toxicomanie: Une guerre menée contre soi

Toxicomanie: Une guerre menée contre soi

«Première cigarette…premier joint… quelques soirées bien arrosées entre amis, des moments de détente que l’on a envie de  faire durer.  Et puis on oublie quand est-ce qu’on a perdu le contrôle», confie Adil, 18 ans, à ALM.

«Je pensais avoir la situation en main, que je pouvais arrêter quand je voulais. Je me suis cru intelligent et pensais que la dépendance ne serait jamais mon cas. Fumer m’obsédait de plus en plus. Sans m’en rendre compte, le paquet s’est installé progressivement dans la poche de mon sac et a invité ses compagnons insolites: briquet, papiers à rouler et puis mon «morceau de chite» que je couvais jalousement. Mon approvisionnement est devenu une course quotidienne. Si je ne me défonçais pas, je n’étais plus», raconte Adil.

Voilà comment un jeune peut tomber dans la dépendance au point de se retrouver, sans s’en rendre compte, dans la case de «drogué». Et au-delà de la dépendance qu’elle entraîne, la consommation de drogues peut facilement devenir source d’inspiration. Ainsi, sans drogue, pas de créativité. Et, en contrepartie, à force de consommer des drogues, c’est le génie de la personne qui est sacrifié. Le jeune devient passif quant à son avenir, sombre dans les aprioris négatifs vis-à-vis de son entourage et se renferme sur lui-même. «Des jeunes qui se droguent sont des jeunes qui sont dans le déni. La drogue devient un refuge et une sorte d’auto-défense pour eux. Ils ne se sentent vivre que s’ils sont shootés», nous explique Othmane Zimmou, psychologue. Mais le jeune drogué se rend-il compte de son état?

«Je suis devenu un autre. Un corps qui réclame encore davantage. Un visage qui ne ressemble plus à rien. Mes envies se limitent à des pratiques qui me sont conceptuellement étrangères. J’ai commencé à en prendre conscience petit à petit, et c’était désagréable. Et puis je suis tombé dans les «J’arrêterais demain!», «Ce sera mon dernier!», des «phrases-prières» que je jurais contre une toux grasse et bruyante qui secouait mes réveils. Une toux de «hchaychia» comme la qualifiait ma mère. J’en avais honte!», nous confie Sanaa, 22 ans.

Malheureusement, les témoignages sont légion et les conditions sociales différentes. Cependant, les premiers pas se ressemblent et les ressentis aussi. Les jeunes tombent ainsi, par m’as-tu-vu et fausse image de dur à cuire, dans une tornade d’autodestruction.

La toxicomanie des jeunes en chiffres…
C’est un constat plutôt alarmant que celui dévoilé par le ministère de la santé. Et si l’on est conscients que nos jeunes se droguent, on est loin d’imaginer la proportion que le phénomène a prise de nos jours. En effet, selon le récent rapport du ministère, 2% des jeunes de moins de 18 ans boivent de l’alcool. Et dans cette proportion, 1,4% d’entre eux sont alcooliques.

De même, 3,3% consomment des substances illicites et plus de 2,8% sont des toxicomanes. Le rapport révèle également que la première consommation de drogue commence désormais à l’âge de dix ans. Et si les chiffres paraissent minimes, d’après le ministre de la santé, El Houssaine Louardi, qui a exposé ce rapport lors de la séance des questions orales de la Chambre des représentants, le Maroc ne compte en tout que huit centres d’addictologie lesquels ne peuvent pas prendre en charge tous les cas.

Maryem Laftouty
Journaliste stagiaire

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