Un jeune homme viole une sexagénaire

Un jeune homme viole une sexagénaire

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Cet après-midi, la salle d’audience n° 2 est archicomble. Une dizaine de mis en cause se tenaient encore au banc des accusés lors de la séance matinale. Quelques heures plus tard, le greffier de la Cour appelle Mohamed à la barre. Il est vêtu d’un pantalon jeans bleu, d’une jacket verte et de chaussures noires. Le président de la Cour a ouvert son dossier et a appelé «Fatna», en lançant un regard vers les sièges de la salle d’audience. Aussitôt, une femme, sexagénaire, en djellaba bleue et un foulard orné de dessins de fleurs, s’est levée de son siège et a avancé à pas lents vers les magistrats. Après quoi, trois témoins ont répondu favorablement à l’appel du président de la Cour qui les a sollicités de quitter la salle en attendant qu’il interroge le mis en cause et la victime. «Cette femme t’accuse de viol, qu’en dis-tu ?», a adressé le président de la Cour à Mohamed. Une interrogation qui a laissé l’assistance en émoi. Incroyable mais vrai ! Un jeune de dix-sept ans a violé une sexagénaire. «Non, M. le président, je ne l’ai pas violée», rétorque Mohamed sans ajouter autre mot. Une réponse qui ne le blanchit pas devant la justice. Car le procès verbal établi par les gendarmes souligne ses aveux de l’avoir violée. «Et pourquoi cette femme t’accuse de viol et non quelqu’un d’autres?», lui a-t-il demandé le président de la cour. «Je ne sais pas», répond brièvement le mis en cause sans donner d’autres explications.
Indignée, Fatna le scrutait sans dire un mot. Puis, le président de la Cour se tourna vers elle et lui donna la parole. A peine elle a commencé à relater son histoire qu’elle s’est fondue en larmes. «Ce qui m’est arrivée est répugnant», affirma-t-elle, le cœur serré d’amertume. Ce drame s’est produit la nuit. Elle couchait seule dans sa baraque. Personne ne vit avec elle. Son mari est décédé depuis une dizaine d’années et son unique enfant, marié, demeure loin de chez elle. Il lui rendait visite de temps en temps avec sa femme et ses enfants. Ce soir là, elle a entendu des coups à la porte. Sage-femme, Fatna a pensé que quelqu’un vient la chercher pour aider une voisine à accoucher. Elle est descendue de son lit.
A quelques pas, elle est arrivée au seuil de la porte. A peine elle a ouvert la porte qu’une personne l’a agrippée et l’a menacée: «Je suis un djinn, ne bouge pas et ne crie pas». C’était un jeune homme. Ensuite, ce dernier la poussa à l’intérieur de la maison. Fatna le suppliait de la relâcher : «Je suis une vieille femme, laisses-moi tranquille». Mais, en vain. Le prétendu djinn la menaçait de la rendre handicapée si elle continuait à le supplier. Il lui a enlevé son pantalon et l’a violée avant de prendre la poudre d’escampette. Aussitôt, elle a appelé les secours. Ses voisins sont sortis de chez eux avec des bâtons à la main pour la sauver. Le président a appelé l’un des trois témoins et lui a demandé s’il a vu Mohamed. «Non, je ne l’ai pas vu. Quand nous avons entendu les cris de Fatna, nous sommes sortis avec des bâtons à la main. Nous l’avons trouvée tomber par terre, sans pantalon, un peu plus loin de l’entrée de sa baraque. Nous n’avons pas trouvé son violeur», a affirmé le témoin. Les deux autres témoins ont confirmé les déclarations du premier. «Je ne sais pas si Mohamed l’a violée ou pas», a répondu chacun des trois témoins. Toutefois, l’un d’eux a précisé à la Cour que Mohamed est très connu pour son comportement cruel. Un deuxième témoin a expliqué à la Cour que Fatna s’est abstenue de lui livrer l’identité de son violeur en prétendant de ne pas l’avoir vu et l’a empêché d’alerter son fils. «Je ne voulais pas que mes voisins ainsi que mon fils soient emprisonnés à cause de moi, j’ai attendu l’arrivée des gendarmes pour leur annoncer l’identité du violeur», affirme Fatna. Pouvait-elle mentir et accuser sans raison valable un innocent dans une telle affaire délictuelle ? Les trois témoins ont attesté que Fatna est une brave femme, qui aidait gratuitement les femmes du douar à accoucher. «J’ai aidé même la mère de Mohamed pour le mettre au monde», a lancé Fatna en se fondant en larmes. Quelque temps plus tard, le verdict tomba : Mohamed est condamné à trois ans de prison.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *