Editorial

Petit bonjour

Tout le monde connaît les défauts de Omar Salim. Du moins, entre la réalité et ce qu’on lui prête avec générosité, on  pensait tout savoir. La publication par les éditions Arcades de «La concubine», un nouveau récit de ce journaliste blanchi sous le harnais, vient de nous donner un démenti cinglant. On ne savait presque rien. Ce que l’on découvre est énorme. Il livre lui-même avec une distance confondante, une plume proche des gens et une modestie authentique toute la palette de ses humaines imperfections – sur plusieurs années, ce qui fait de lui un récidiviste notoire. Il recommence toujours. Il aime, il se passionne, il construit, il se reconstruit, il souffre, il se perd, il se retrouve, il plonge, il rechute… Il n’arrête jamais. En vérité vraie, il vit. L’obstination au bonheur a un effet magnétique sur Omar Salim. Une sorte de boussole intuitive qui lui indique en permanence le Nord. Celui de Omar Salim, pour notre bonheur simple de lecteur curieux, commence et se termine à Tanger, sa concubine. Un Nord aussi proche a quelque chose de déconcertant pour nous. Une passion charnelle, si  destructrice, et si violente déroute aussi. En entrant dans l’univers de Omar Salim, on se retrouve pris dans un ménage à trois dont la vie s’égrène au fil d’un récit toujours sincère, parfois naïf – comme on le dirait d’une peinture –, mais, souvent, jubilatoire.

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