Administration publique : La feuille de route royale

Administration publique : La feuille de route royale

Le Souverain a fait une lecture critique de son fonctionnement dans un discours prononcé devant le Parlement

Les difficultés que rencontre le citoyen dans son rapport avec l’Administration sont aussi nombreuses que variées, commençant par l’accueil et passant par la communication, jusqu’au traitement des dossiers et des documents.

Dans le traditionnel discours royal marquant l’ouverture du Parlement, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a dressé un diagnostic de l’état de l’administration publique. «Les administrations et les services publics accusent de nombreuses carences relatives à la faible performance et à la qualité des prestations qu’ils fournissent aux citoyens», a affirmé le Souverain dans son discours devant les membres des deux Chambres parlementaires à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 10ème législature. «Ils pâtissent également de la pléthore des effectifs, du manque de compétence et de l’absence du sens des responsabilités chez de nombreux fonctionnaires. L’Administration souffre essentiellement d’une culture ancienne chez la majorité des Marocains. Elle représente, pour beaucoup d’entre eux, un abri qui leur garantit un salaire mensuel, sans avoir à rendre compte de leur performance», a ajouté SM le Roi précisant que la raison d’être des institutions est de servir le citoyen, lui permettre de régler ses affaires, lui rendre des prestations de base plus proches et de simplifier les procédures, une mission noble qui ne doit souffrir ni laisser-aller ni procrastination. Pour le Souverain, «l’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations». Sa Majesté le Roi a énuméré de nombreuses difficultés rencontrées par les citoyens.

«Les difficultés que rencontre le citoyen dans son rapport avec l’Administration sont aussi nombreuses que variées, commençant par l’accueil et passant par la communication, jusqu’au traitement des dossiers et des documents. Tant et si bien que ces difficultés s’apparentent désormais dans son esprit à un véritable parcours du combattant. Il n’est pas raisonnable, en effet, que le citoyen supporte les désagréments et les coûts des déplacements vers n’importe quelle administration, qu’il s’agisse d’un consulat, ou d’une préfecture, d’une commune territoriale ou d’une délégation régionale, surtout si le citoyen habite loin de cette administration et ne trouve personne pour l’accueillir ou le prendre en charge», a dit SM le Roi faisant savoir à titre d’exemple que «de nombreux citoyens se plaignent des affaires d’expropriation, soit parce que l’Etat ne les a pas indemnisés pour leurs biens, soit parce que l’opération d’indemnisation traîne pendant de longues années au préjudice de leurs intérêts, ou encore parce que le montant de l’indemnisation est en deçà des prix de vente en vigueur, et bien d’autres raisons encore. L’expropriation doit être effectuée en cas d’extrême nécessité d’intérêt général et l’indemnisation doit se faire conformément aux tarifs en vigueur à la date d’exécution de ladite opération, avec une simplification des procédures d’obtention de ladite indemnisation». Plus loin encore, les lourdeurs administratives et les problèmes bureaucratiques ont parfois un impact négatif sur les investissements.

«Les problèmes qui se posent au citoyen dans l’Administration sont clairement illustrés à travers les obstacles qui entravent l’investissement, nonobstant la création des Centres régionaux et l’utilisation du guichet unique pour simplifier les procédures et accélérer le processus décisionnel. Il est vrai que certains investisseurs, dans certains cas, soumettent des dossiers incomplets.

Mais au lieu que le guichet leur vienne en aide en leur présentant une liste de solutions pour les motiver, on constate que les choses sont rendues encore plus compliquées pour eux, en les astreignant à une série de restrictions et de contraintes», a affirmé le Souverain invitant «tout le monde, gouvernement et Parlement, partis et syndicats, associations et fonctionnaires, à faire preuve de patriotisme et de responsabilité pour mettre au point des solutions réelles, permettant de rehausser le travail des services administratifs et d’améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens».

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