Embrayage

Entre les futurs tramways de Casablanca et Rabat, le dynamisme qu’a connu le marché automobile durant ces trois dernières années (cap des 100.000 ventes annuelles, taux de motorisation en hausse continue…) ou même, la tenue d’événement de grande qualité (Salons Auto-Expo, Grand Prix WTCC de Marrakech), le Maroc vit actuellement une révolution en matière de mobilité et d’automobile. Cela, sans parler du mégaprojet industriel de Renault à Tanger. Mais justement, est-ce par protectionnisme que les pouvoirs publics veulent emboîter le pas aux importateurs de voitures chinoises et indiennes, via le Centre d’homologation ? La question reste posée. Logiquement, ce protectionnisme –s’il en était ainsi– n’a pas lieu d’être pour la simple raison que la future plate-forme de Tanger sera plus tournée vers l’export que le marché local. En attendant et comme on le disait plus haut, l’automobile est en pleine mutation au Maroc. Du coup, est-il normal d’avoir encore une administration aussi dépassée que l’actuel Centre national d’essais et d’homologations ? Une entité formaliste dont l’activité ne va pas plus loin que celle d’un bureau d’acceptation. Pour chaque nouveau modèle, les importateurs fournissent une série de documents, face auxquels le Centre se limite à une vérification administrative avant d’apposer son tampon. Mais cela, pas avant d’avoir encaissé les frais d’homologation lesquels sont passés en 2008 de 1.500 à 50.000 DH pour chaque nouveau modèle! Une sacrée manne qui fait vite penser à deux choses. D’abord, où va tout cet argent ? Ensuite à un gros montant: 5 millions DH, soit le manque à gagner par rapport à la centaine de dossiers (BRIC) bloqués. Disons-le ouvertement : tout cela n’est plus en phase avec l’évolution du Royaume qui devrait désormais disposer d’un vrai centre d’homologation pour l’industrie et le commerce de l’automobile. Une structure multicritères qui regrouperait un centre de crash-tests, une vaste piste d’essai et des bureaux d’études diverses (pollution, accidentologie…). C’est cela que mérite l’automobile, qu’elle soit importée d’ailleurs ou produite localement. Un secteur qui se trouve au cœur de l’émergence d’un nouveau Maroc.

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