Embrayage : Renault en F1 : le marketing par le sport

Depuis son retour en Formule 1, en 2002, Renault ne s’était pas vraiment imposé, si ce n’est une petite victoire en 2004, sur le circuit de Monaco, raflée par Jarno Trulli. En revanche cette année, l’écurie française récolte enfin les efforts de trois ans de labeur, en ayant remporté les trois premiers Grands Prix de la saison actuelle. Plus qu’une volonté collective des membres de ce team, l’ambition de gagner trouve son impulsion première au sommet de la hiérarchie du constructeur au losange, qui compte en tirer toute la quintessence sur le plan commercial. Car, comme pour la Logan, avec laquelle Renault compte s’internationaliser sensiblement, la compétition, qui plus est dans la plus noble des disciplines du sport automobile (F1), est un vecteur d’image non négligeable.
En effet, en dehors des circuits et au-delà de l’objectif ouvertement affiché par les responsables du constructeur, à savoir «se battre contre Ferrari pour la victoire», Formule 1 est un moyen pour Renault d’étendre ses ventes mondiales. Elle est d’une importance stratégique pour le Groupe Renault, comme le confirme Patrick Faure, P-dg de Renault F1 Team. «Formule 1 est un élément clé de notre stratégie d’entreprise, tournée vers la croissance de la notoriété de Renault dans le monde et vers le renforcement de notre image afin de pouvoir atteindre un objectif: “la vente de quatre millions de véhicules en 2010”, dit-il. C’est là un point fondamental dans la stratégie du constructeur visant à faire connaître son label encore davantage dans le monde.
Et ce vecteur de communication puisé dans F1, par Renault pour son image commercial peut fonctionner à plusieurs égards. C’est le cas par exemple de l’aspect de la fiabilité mécanique, que l’on pourrait bien transcrire –même si ce n’est, certes, que dans une moindre mesure- de F1 aux voitures de série (celles vendues aux particuliers). En effet, avec le nouveau règlement qui impose aux écurie de conserver le même moteur pour deux courses et leurs essais qualificatifs, on a bien pu voir Renault prendre le devant sur Ferrari en terme de fiabilité et d’endurance, autant du moteur que des organes de la R25. Faut-il rappeler que Michael Schumacher a été contraint à abandonner au 13ème tour lors du GP de Bahreïn après que sa (nouvelle) F2005 avait lâché ? De tels faits ne sont pas sans influencer les idées de l’opinion publique en général et le choix des acheteurs en particulier. Renault prend même très au sérieux les études menées par des cabinets d’études indépendants qui ont pu constater, entre autres, que l’intérêt du grand public pour F1 et les constructeurs a augmenté la saison dernière, via la hausse de lectorat et des chiffres d’audience à la radio comme à la télévision.
En d’autres termes, lorsqu’une monoplace jaune et bleue défend les couleurs de Renault sur circuit, c’est tout le constructeur qui est impliqué, qu’il y ait victoire ou non. Désormais, chaque GP empoché par Alonso ou Fisichella sera pour Renault un énième point gagné en matière d’image de marque.

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